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Du côté de Clio

La Terre et l'ombre

15 Mars 2016, 09:27am

La Terre et l'ombre

Partir ? Rester ?

La Terre et l'ombre, de César Augusto Acevedo (2015)

(La Tierra y la sombra)

Avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa...
Présenté dans la section "Reprises" de Cinelatino 2016
Caméra d'or au Festival de Cannes 2015
Prix Révélation France 4 au Festival de Cannes 2015

Alfonso (Haimer Leal) revient dans sa famille qu'il a abandonné il y a plus d'une décennie : son fils se meurt, il veut aider la famille. Sa femme, Alicia (Hilda Ruiz), remplie de haine contre lui, son fils (Edison Raigosa), sa belle-fille (Marleyda Soto) et son petit-fils (José Felipe Cárdenas). Ils vivent au milieu des cannes à sucre, dans une région oubliée de la Colombie. Le fils se meurt à cause de ce qui nourrit la famille : les plantations. Les cendres tombent comme la pluie : il faut brûler les cannes à sucre durant la récolte.

Vous l'aurez compris, La Terre et l'ombre est un film colombien ; le cinéma dans ce pays est bien trop rare, il est bon de le souligner les quelques perles qui surgissent et qui parviennent à parcourir les festivals. Et à gagner des prix à Cannes, comme c'est le cas pour celui-ci. César Acevedo était d'ailleurs l'assistant d'Oscar Ruíz Navia et le coscénariste de Los Hongos : si vous suivez mon blog, vous vous souviendrez de ce film. Ici, le thème est très différent : social, politique, comme vous voulez. Il se perd quelques fois dans des longueurs et des lenteurs, mais c'est aussi ce qui fait son charme. Cela permet de créer l'atmosphère propice pour planter le décor de cette maison perdue au milieu de ces champs de cannes à sucre plantés sur des terres qui jadis appartenaient à la famille présentée à l'écran. Pour mieux critiquer le libéralisme : on laisse ce pauvre homme mourir parce qu'il ne sert plus au travail. Même le médecin refuse de l'hospitaliser. Mais la mère souhaite continuer à se battre pour sa terre alors même que cette maison tue son fils.

Les mouvements de caméras sont sublimes, parfaits, ingénieux. Cette caméra qui se rapproche peu à peu du père lorsqu'il se présente pour la première fois sur le seuil de la maison qu'il a quitté... La première scène mérite d'être aussi mentionnée : elle porte tout le message du film. Le père avance sur une route faire de terre, sa vieille valise à la main. Soudain, un camion surgit : il doit se cacher dans les plants de cannes à sucre pour se protéger de la poussière expulsée par le camion qui roule à une vitesse folle. Le passé vs le progrès. La résistance vs l'ambition. Les femmes travaillent les champs comme au temps de l'esclavage. Aujourd'hui, en Colombie. Les comédiens ne sont pas professionnels, et pourtant ils sont parfaits. Le petit garçon surtout, comme réceptacle de la résignation et de la douleur de sa famille. D'une famille où les sentiments ne sont jamais exprimés ; ce qui rend la scène finale, magnifique, encore plus douloureuse... Pourtant, par la froideur que l'atmosphère veut transmettre, La Terre et l'ombre a manqué de nous faire ressentir quelques émotions...

L'une des scènes finales : magistrale

L'une des scènes finales : magistrale

La défense de la terre serait le thème central de ce premier long-métrage du réalisateur colombien, quelque peu longuet

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