Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Du côté de Clio

Los Hongos

20 Mars 2015, 22:46pm

Los Hongos

Les errances de jeunes adolescents

Los Hongos, de Oscar Ruíz Navia (2015)

Avec Jovan Alexis Marquinez, Calvin Buenaventura, Atala Estrada...
Film d'ouverture de la 27è édition de Cinelatino (2015)

Los Hongos (les champignons), film qui pourrait presque s'apparenter à La Playa DC, autre film colombien et aussi film d'ouverture d'un Cinelatino, celui de 2012. Los Hongos aussi se déroule dans une ville de Colombie, Cali, et des jeunes adolescents sont en errance, quelque peu désoeuvrés et leur seule préoccupation est le graffiti comme expression de la lutte contre "Babylone". Calvin et Ras sont ces deux jeunes qui passent leur temps à fumer des joints, boire, faire la fête, traîner, faire du skate, et surtout tagguer. Les deux jeunes hommes sont différents : Ras descend d'une famille afro-colombienne qui a du quitter sa ville de la côte pour venir habiter Cali, alors que Calvin vient d'une famille de classe moyenne, dont le père est chanteur et qui vit avec sa grand-mère qui a le cancer.

J'ai trouvé le temps long tout de même, devant ce film. Il peut être intéressant, mais n'est pas assez dynamique. Certes, il n'est pas dénué d'humour, mais on a l'impression que les deux jeunes s'ennuient la plupart du temps dans leur vie, et on s'ennuie avec eux. Certains dialogues sont un peu platoniques : "il faudrait faire une femme voilée", "oui, je pense que c'est une bonne idée". Dans cette même scène où les deux jeunes viennent de voir des scènes horribles des Révolutions arabes et où ils décident de représenter une femme voilée "parce que ça exprime le féminisme". Hum, pas sûr...

J'ai cependant bien aimé les thèmes abordés : la critique de la politique, l'essor du graffiti comme expression du mécontentement général, la religion quelque peu critiquée (des supposés témoins de Jehova viennent prédiquer pour sauver Ras du mal, mais celui-ci n'écoute rien)... Certaines scènes étaient bien trouvées, comme celle de la course en spad qui tire un skateur au milieu de la circulation citadine, offrant ainsi une sensation de liberté. J'ai apprécié aussi l'idée de filmer le film en 35mm, ce qui lui donne un côté un peu pétillant. Emouvant que la grand-mère de Calvin, dont il s'occupe si bien, soit la grand-mère du réalisateur, décédée quelques temps après le tournage du film...

Pour finir, je vous laisse un extrait d'interview du réalisateur, Oscar Ruiz Navías : "la plupart des gens en entendant le titre "Los Hongos" (= les champignons) posent immédiatement dans leur imagination une idée psychédélique, de drogues et de plaisir. Eh bien non, la métaphore du titre renvoie aux champignons en explorant son sens littéral : des être vivants qui apparaissent dans des contextes de grande pourriture et décomposition".

Un film un peu trop lent...

Commenter cet article