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Du côté de Clio

Alamar

23 Mars 2015, 20:16pm

Alamar

Ah, la mer...

Alamar, de Pedro González Rubio (2009)

Avec Jorge Machado, Natan Machado Palombini, Nestór Marín, Roberta Palombini...
Tiger Awards au festival de Rotterdam 2010
Prix FIPRESCI de la première oeuvre aux Rencontres de Toulouse 2010
Présenté dans la section (re)voir de Cinelatino 2015

Alamar est un film connu à Cinelatino, qui tourne depuis plusieurs années et qui a eu pas mal de prix. Jorge est un homme d'origne maya qui a rencontré une italienne avec qui il a eu un enfant, Natan. La vie les a séparés et Natan est resté avec sa mère, à Rome. Le temps de quelques jours de vacances, il part retrouver son père et son grand-père qui vivent dans une maison sur pilotis au milieu de la mer des Caraïbes, dans un endroit paradisiaque appelé Banco Chichorro, l'un des derniers grands récifs coralliens de la Terre. Là, au milieu des poissons, des hérons et des crocodiles il va découvrir une autre façon de vivre...

C'est un film beau, tout en délicatesse qui se déroule sous nos yeux. Pas vraiment une fiction, mais pas vraiment un documentaire non plus ; nous suivons l'apprentissage de ce petit garçon. Il prend le bateau sûrement pour la première fois, est plutôt malade au début, apprend à pécher, à nager dans cette eau magnifique. A nourrir un héron qui devient son ami, Blanquita. Son père tente de lui apprendre les noms des plantes, des arbres. A être proche et à aimer la nature, à laisser sa Game Boy dans sa valise. Et cet apprentissage se fait dans la douceur, la beauté et la simplicité : tout paraît tellement simple là-bas ! Il semble si simple d'être heureux, si l'amour de la mer nous porte, évidemment. Le film ne tombe jamais dans le pathos de la séparation par exemple, ou bien dans celui de l'amour entre un père et un fils, un amour physique qui prendra fin quand s'achèveront les vacances, ou en montrant la beauté de ces paysages vierges de toute civilisation. Non, le film flotte comme le bateau sur cette eau paradisiaque, il flotte sur une mer de douceur. Je me suis sentie incroyablement bien devant ce film, libérée de tout le stress qui m'entoure quotidiennement, et j'ai pu éprouver une réelle sensation de liberté, comme si moi aussi j'étais Natan, comme si je ressentais ce qu'il ressentait dans le bateau, dans l'eau, à écailler les poissons, a attendre que la pluie cesse en ce jour de tempête. Et puis il y a aussi cette pureté dans la relation père-fils : Jorge ne hausse jamais le ton face à Natan (enfin si, une fois) et cherche toujours à le protéger. Il est ainsi toujours là, ne serait-ce que quand son fils glisse en essayant de passer du bateau à la maison, ou quand il n'y parvient pas. Incroyable scène où ils se battent affectueusement. La poésie est donc omniprésente : dans cette relation filiale, cette relation avec le héron, la bouteille à la mer... Beau.

Un film à la croisée des chemins, éminemment poétique.

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