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Du côté de Clio

La Piscina

25 Mars 2015, 08:20am

La Piscina

Un beau film contemplatif

La Piscina, de Carlos Machado Quintela (2011)

(La Piscine)
Avec Raúl Capote, Mónica Molinet, Felipe García, Carlos Javier Martínez, Marcos Costa...
En compétition Long-métrage fiction à Cinelatino 2013
Dans la Muestra : l'âge des possibles : l'âge des explorations de Cinelatino 2015

Quatre adolescents handicapés se retrouvent, comme tous les jours pendant les vacances, à leur cours de natation. Il y a aussi le professeur, qui ne présente aucun handicap mais qui pourtant ne semble pas très réactif. Le film ne nous montre que cette seule et unique journée, semblable sans doute à beaucoup d'autres.

J'avais déjà vu La Piscina en 2013 lors de la première présentation du film, en compétition officielle ; il avait d'ailleurs reçu le prix CCAS. En le revoyant, deux ans après, il m'est resté un goût d'inachevé. Il me semblait qu'il manquait quelque chose par rapport à mon souvenir, quelque chose qui m'avait réellement poussé à la réflexion. Luis Abel Miyares, le chef de production présent sur le festival, m'a alors révélé que certaines scènes avaient été coupées pour cette version. Dommage... Il n'en reste pas moins que c'est un film intéressant qui permet de penser le handicap : qui est réellement handicapé ? Les valides, ou les non valides ? Le film possède une esthétique très soignée et c'est là que réside toute sa force : aucun plan n'est laissé au hasard : la caméra se pose, nous laisse contempler, puis arrive un personnage qui nage d'un coin à l'autre. En ce sens, c'est réellement un film contemplatif. Tout pourrait sembler prévisible dans le scénario, puisque c'est une journée de cinq jeunes ados à la piscine : mais non, chaque nouveau plan est une surprise. Parfois on rit, d'autres fois on a le coeur qui se serre. Et souvent, on est gêné puisque le film se base sur la progression de la moquerie de ces jeunes handicapés qui loin de se soutenir les uns les autres se taquinent parfois très violemment. Le handicap est physique, mais devient très vite moral : le personnage le plus marquant en ce sens serait le muet, qui réellement ne peux plus vivre en paix à côté de ses camarades. Chacun a ses failles, chacun a ses défauts, même le maître-nageur qui, pour sa part, a abandonné la compétition pour des raisons que l'on ne connaît pas. Le film possède finalement une portée plus universelle car chacun porte une souffrance, qu'elle soit physique ou cachée.

Un très beau film esthétiquement et intéressant d'un point de vue éthique.

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