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Du côté de Clio

Fausta

16 Juin 2014, 15:50pm

Fausta

Les répercussions de la guerre sur les femmes sur une toile de fond péruvienne

Fausta, la teta asustada, de Claudia Llosa (2009)

Avec Magaly Solier, Marino Ballón, Efarín Solós...
Ours d'or au Festival de Berlin en 2009

Second film de cette réalisatrice Claudia Llosa que je vois, après Madeinusa. Ici, le film se passe une nouvelle fois au Pérou, il raconte aussi une histoire dramatique, mais est moins dur que le précédent. La mère d'une jeune fille, Fausta, décède, et celle-ci va tout faire pour pouvoir amener son cadavre dans son village et lui offrir une fin digne. Mais elle n'a pas d'argent, et elle a peur de sortir seule ; elle souffre du syndrome "la teta asustada". Les femmes qui ont été violées pendant la cruelle guerre passée au Pérou ont transmis à leurs filles la peur des hommes, la peur du viol qui peut encore se produire, bien que le pays ne soit plus en guerre.

Film dramatique, donc. Mais beau, beau par son actrice tout d'abord, la magnifique Magaly Solier qui joue toujours aussi bien ces femmes perdues dans la vie, qui doivent lutter pour parvenir à vivre (comme dans Amador) ; sa performance est exceptionnelle. Beau par la douceur posée par la caméra, la tranquillité apparente. Aucun drame ne se joue, mais on a constamment peur pour Fausta, elle nous transmet son inquiétude. Les chansons aussi sont magnifiques, chantées en quechua comme en espagnol, et rythment le film. Il présente un double mouvement, paradoxal en apparence : Fausta trouve un travail chez une pianiste des beaux-quartiers (cruelle) et en même temps se doit d'enterrer sa mère : l'entrée dans la vie, et la mort si près, alors que chez elle se joue aussi un mariage, plutôt festif.

Un beau film, d'une profonde humanité.

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