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Du côté de Clio

Baise-moi

21 Juin 2014, 16:19pm

Baise-moi

Une Orange mécanique version Despentes

Baise-moi, de Virginie Despentes (1994)

Je l'avoue, j'ai longtemps hésité avant de faire et de publier cette critique. J'adore Virginie Despentes, vraiment : j'adore Bye Bye Blondie, Apocalypse bébé, et surtout, surtout, King Kong Théorie (génial).

Là, par contre, avec Baise-moi, je suis parvenue à ma limite. Dire que c'est son premier roman, celui qui l'a lancé ! Normal, c'est une petite révolution pour le XXe siècle, certes. Grande révolution, même. Mais c'est trop. Pour faire un résumé soft, il faut dire que c'est le parcours de deux jeunes femmes, Manu et Nadine, la "petite" et la "grosse" qui se rencontrent par hasard, et qui commencent à faire route ensemble. Chacune, à leur rencontre, a déjà tué quelqu'un : un trafiquant "ex-amant", et une colocataire. Normal... Mais si ça ne s'arrêtait que là, tout irait bien. La suite de leur aventure peut se résumer par sex, drugs, whisky and guns. Trash, plutôt très très trash. L'écriture ne m'a pas particulièrement séduite ici, contrairement aux autres livres de l'auteure. Je l'ai lu très vite, parce qu'il se lit très vite, il faut le reconnaître, mais aussi parce que je voulais savoir la fin au plus vite et surtout m'en débarrasser. A la fin, je me suis surprise à être émue par le sort de Nadine. Despentes a donc réussi son boulot : me faire sentir de la peine pour ces femmes qui se font "justice" de la société. Justice sans justice, parce quelle justice ? Elles ont refusé de se conformer aux codes imposés, ok, mais ce n'est pas la peine de buter tout le monde (ne serait-ce qu'un petit garçon de 9 ans) pour se venger !

Baise la société ou elle te baisera ; un roman de Despentes rageur et dont le trash n'a pas forcément d'utilité. Trop, c'est trop !

Extrait (je vous en laisse un soft dont l'écriture est quand même pas mal)

"Il est ce qui ressemble le plus à un ami pour elle, bien qu'on soit encore très loin de la définition d'usage. Elle l'aime à bout portant et s'en prend plein la gueule.

Contrairement aux lois d'usage, plus elle le connaît, plus il l'éblouit. Il est poète, au sens très mâle du terme. A l'étroit dans son époque, incapable de se résoudre à l'ennui et au tiède. Insupportable.

Dissident systématique, paranoïaque et coléreux, veule, voleur, querelleur. Il provoque les récriminations partout où il passe. Supportable pour personne, surtout pas pour lui-même.

Il aime la vie avec une exigence qui le coupe de la vie. Il affrontera les pires terreurs et endurera la mort de son vivant plutôt que de renoncer à sa quête. Il ne retient aucune leçon puisqu'elles sont contraires à ce en quoi il croit et, obstinément, refait les mêmes erreurs."

(p.34, J'ai lu)

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