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Du côté de Clio

Marion, 13 ans pour toujours

6 Octobre 2016, 19:52pm

 

"Moi, mon fils s'il me dit ça va et qu'c'est pas vrai, je le sens, j'suis sa mère"

Marion, 13 ans pour toujours, de Bourlem Guerdjou (2016)

Avec Julie Gayet, Fabrizio Rongione, Luàna Bajrami, Alice Perez-Malartre...

Argument : Marion Fraisse, 13 ans en ce 13 février 2013, s'est pendue. Elle ne pouvait plus supporter les terribles attaques de ses camarades de classe de quatrième ; des mois durant, elle a subi des insultes, aussi bien verbalement que sur les réseaux sociaux, mais aussi des coups et toutes sortes d'humiliations. Ses parents ne se pouvaient se douter de rien, l'équipe pédagogique fermait les yeux... jusqu'au point de rupture, fatal et tragique. Sa mère, Nora, va alors alors se battre pour que justice soit faite.

Marion, 13 ans pour toujours

Ma critique : Marion, 13 ans pour toujours est tiré d'une histoire vraie. La jeune adolescente est devenue le symbole de la lutte contre le harcèlement scolaire depuis la publication du livre éponyme écrit par sa mère. Sujet terriblement d'actualité, l'idée d'en faire un téléfilm était parfaite pour atteindre un maximum de public. Il a en effet été diffusé sur France 3 en septembre 2016 et était suivi d'un débat sur ce thème glaçant. Alors, évidemment, on pourrait reprocher beaucoup de choses à ce téléfilm: trop porté sur le pathos, trop manichéen, trop explicite, trop schématique, trop caricatural de la "famille parfaite". Oui, c'est vrai. Mais il ne faut pas oublier que son but est de sensibiliser... est-ce que ça aura marché ?

Les interprétations sont cependant fantastiques et il propose des acteurs plutôt habitués aux films qu'aux téléfilms, tels que Julie Gayet ou Fabrizio Rongione. La jeune actrice incarnant Marion, Luàna Bajrami, est tout simplement fantastique dans la première partie du téléfilm. Celui-ci tente d'arborder beaucoup de sujets, tels que la souffrance des parents, l'absence d'empathie des élèves (présentés comme des bêtes cruelles), l'idotie mais aussi l'empathie de l'équipe pédagogique. Il faut tout de même savoir que 12 % des élèves en France subissent le bullying ; vous pouvez trouver un grand nombre de vidéos sur Internet de jeunes qui se sont suicidés suite aux humiliations subies. Quelque chose est donc à revoir dans notre société, cette société qui rejette la différence alors qu'il faudrait la louer : elle est une force. Cette société qui refuse d'accueillir des gens de l'extérieur et qui sort dans la rue pour éradiquer la différence sexuelle. Alors, oui, peut-être que Marion, 13 ans pour toujours est trop "schématique", mais il a au moins le mérite d'exister et de pointer du doigt un thème qu'il est temps de considérer et d'éradiquer. Mais qui l'aura regardé ? Sans doute les personnes déjà sensibilisées à la cause et non pas les bourreaux : chacun sait que le monde adolescent est terriblement cruel et qu'il est très difficile de trouver la force pour sortir du mouvement de la meute. Comme le dit si bien Romain, le petit ami de Marion : "j'ai fermé ma gueule, parce que moi aussi j'avais peur". La peur doit changer de camp.

Un téléfilm certes imparfait, mais qui est hautement nécessaire

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