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Du côté de Clio

Lea

28 Juillet 2016, 08:22am

Lea

La terrible histoire vraie d'une mère courage qui défia sa famille mafieuse

Lea, de Marco Tullio Giordana (2015)

Avec Vanessa Scalera, Linda Caridi, Alessio Praticò, Mauro Conte...

Décennie 1990. Lea Garofalo est issue d'une grande famille de la mafia calabraise, au sud de l'Italie. Son petit-ami, Carlo, est le vassal de son frère ; ensemble, ils ont une fille, Denise. Ils déménagent à Milan et Carlo devient le chef d'un petit gang redoutable : la 'ndrangheta. Quand on l'emprisonne pour trafic de drogue, Lea décide de le quitter et de commencer une nouvelle vie avec Denise, loin des embrouilles. Mais il n'est malheureusement pas si facile de se débarrasser de la mafia, surtout quand on enfreint ses lois...

Lea porte à l'écran la terrible histoire vraie de Lea Garofalo et de sa fille Denise, qui vécu dans une fuite perpétuelle. Il est difficile de faire un biopic sans tomber dans certains travers, surtout si le biopic narre une histoire vraie. Et Lea ne parvient pas à échapper à la règle : il tente en effet de raconter près de trois décennies en seulement 1h35 de film, ce qui est bien court, on est d'accord. Donc, évidemment, les ellipses sont nombreuses (trop nombreuses) et le passage d'une scène à une autre s'opère à travers un montage sec et tranchant. Chaque scène et utile, on le sait, chaque scène va nous raconter un moment signifiant de cette vie, même quand Denise réveille sa mère en pleine nuit parce qu'elle entend le camion des pompiers. On se retrouve plongé dans l'univers implacable de la mafia dans un rythme effréné, ce qui peut attraper le spectateur ou le perdre dès que la pression se relâche un peu.

Les acteurs sont très bons, surtout Vanessa Scalera qui incarne cette mère courage qui fit tout pour donner une vie meilleure à sa fille. En effet, en Calabre, la famille est un clan et la femme appartient au clan, elle se doit de respecter ses règles et d'éduquer les enfants dans le respect de ces normes. Seulement si, comme Lea, la femme veut s'émanciper, elle risque sa peau. Lea et Denise ont déménagé un nombre incalculable de fois pour tenter de d'échapper à cette famille qui les retrouve toujours ; aucune d'elles n'a pu, pendant plus de quinze ans, construire une vie "normale" avec, par exemple, un travail et un petit-ami. Alors oui, le portrait est très bien dressé et l'attention est portée sur les détails ; par exemple, les années qui passent se ressentent dans les traits de plus en plus tirés de Lea. Jusqu'à l'erreur fatale, mais aucun remord ne transparaîtra à l'écran puisque le film tente de traiter le sujet avec une grande pudeur : la vie de Denise est la seule chose qui importe.

D'ailleurs, celle-ci est aujourd'hui encore sous protection de l'Etat italien : personne ne doit connaître la nouvelle identité ni le visage de celle qui se porta partie civile contre son père... et contre son clan. Elle a enfin trouvé la protection de Libera, une association créée pour protéger et offrir une nouvelle vie aux victimes de la mafia : il est dommage que ce fait ait été trop succinctement évoqué dans le film de Marco Tullio Giordana...

Un film émouvant aux choix de réalisation discutables

Lea

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