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Du côté de Clio

Carmina o revienta

24 Juillet 2016, 09:54am

Carmina o revienta

"La vida es tan bonita que parece verdad" ("La vie est si belle qu'elle semble vraie")

Carmina o revienta, de Paco León (2012)

Avec Carmina Barrios, María Leó, Paco Casaus...
Prix spécial du jury au Festival de Málaga 2013
Prix du public au Festival de Málaga 2013
Meilleure actrice pour Carmina Barrios au Festival de Málaga 2013

Carmina est une mère courage qui se bat pour conserver le peu qu'elle a, dans une Séville minée par la crise. Elle ne peut compter sur son mari, qui boit bière sur bière, ni sur sa fille, qui tente tout de même de faire ce qu'elle peut : mais les créanciers sont là, la guettent, les voleurs aussi puisque son bar est régulièrement vandalisé.

Carmina o revienta est le premier film d'un acteur bien connu en Espagne, puisqu'il a joué dans la série populaire Aída. Ici, la réalité se mêle à la fiction puisque Paco León aime jouer avec les codes et propose quelque chose qui s'apparente à un documentaire : sa mère et sa soeur jouent dedans, dans ce qui semble être leur propre rôle. De plus, les personnages se présentent face caméras avant d'apparaître dans l'action du film. Celle-ci est totalement déjantée et loufoque, mêlant le rire au drame. Quelques scènes sont mémorables et resteront sans doute dans les annales du cinéma espagnol : Carmina qui jette des ados de sa voiture après que ceux-ci l'aient volée, Carmina qui se chie littéralement dessus dans la voiture parce qu'elle a avalé un lavement vaginal, Carmina qui extorque 500€ à un homme alors que sa fille sans permis à embouti la voiture. Le point fort de Carmina o revienta est donc ses personnages hauts en couleurs, très bien contruit dans leur facette pittoresque et atypique.

Par ailleurs, le film mélange les genres tant en jouant avec la comédie et le drame qu'en présentant des musiques propres de Tarantino dans la bande-son. On se retrouve au final face à un ovni cinématographique qui est une tentative de présenter quelque chose de nouveau dans le circuit académique. En effet, Paco León a aussi tenté de sortir son film à la fois dans les salles de cinéma, qu'en DVD et sur Internet... en même temps. Il a gagné son pari, car le film lui a rapporté quinze fois ce qu'il a investi. Ainsi, c'était une belle diffusion de ce film étrange et quelque peu surréaliste. Personnellement, j'ai préféré le deuxième opus : Carmina y amén, que l'on sent bien plus construit alors qu'il parvient à conserver son essence propre. Paco León a aussi depuis, par ailleurs, sorti son troisième film, toujours aussi jouissif et déjanté : Kiki, el amor se hace.

Un ovni intéressant mais qui semble trop amateur

Carmina o revienta

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