Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Du côté de Clio

Vierge sous serment

15 Juin 2016, 11:48am

Vierge sous serment

Ode à la liberté de devenir qui l'on veut

Vierge sous serment, de Laura Bispuri (2015)

Avec Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli, Emily Ferratello...

Hana (Alba Rohrwacher) vit dans un village reculé d'Albanie ; elle est orpheline, une famille l'a adopté. Mais elle n'est pas la fille parfaite que les traditions attendraient d'elle, puisqu'elle sort seule, porte le fusil, répond à l'homme de la maison. Alors, en suivant une coutume ancestrale, elle décide de devenir Mark : le prix à payer est de jurer l'éternelle virginité. Suite à la mort de son père, puis de sa mère, Mark part en Italie retrouver la soeur qui a tout quitté pour se marier avec l'homme qu'elle aime. Il aura, alors, l'occasion de se réconcilier avec lui-même...

Vierge sous serment est le genre de film réflexif qui captive... Le sujet abordé était loin d'être facile à traiter, et pourtant il le fait avec une humanité remarquable, sans porter aucun jugement. Le thème de la transsexualité n'est jamais abordé comme tel, puisque tous les personnages du film parlent de Mark comme Mark ; le spectateur semble être le seul à remarquer qu'il est une fille. Peu à peu, cependant, il semble prendre conscience de son corps face à ces figures ultra féminines que sont les adolescentes pratiquant la natation synchronisée (belles images des filles dans l'eau effectuant les mouvements, et non hors de l'eau comme on le voit bien souvent). Ainsi, le décalage de genre n'est jamais abordé, et là se trouve le point fort du film : Mark veut juste être une personne pleine et heureuse. La réflexion sur l'identité, le genre, la féminité, le poids des traditions et la masculinité est alors très fine et intéressante. 

Les acteurs, quant à eux, sont à l'image du scénario : fantastiques. Alba Rohrwacher, qui incarne Hana, a un corps androgyne absolument parfait. Elle porte incontestablement tout le film sur ses épaules, même si Lila, la soeur, incarnée par Flonja Kodhel, est délicieusement sensuelle. La photo est belle, les paysages d'Albanie magnifiques, mais le rythme reste un peu lent et quelques effets semblent peu subtils (le père coupe les cheveux de Mark tous les 28 jours, quelle coïncidence, comme la période de retour des règles, symbole par excellence de la féminité). Cependant, certaines scènes restent remarquables, comme celle où Mark découvre la masturbation... masculine. Je ne vous en dit pas plus, les symboles sont à chercher et à trouver dans ce film hautement revendicatif. Il s'agit de trouver sa propre identité, sa propre liberté, loin de ce que pense la société. Et Mark y parviendra d'une très belle manière.

Vierge sous serment

Un film qui médite sur le genre de manière non conventionnelle à découvrir de toute urgence !

Commenter cet article