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Du côté de Clio

Les Amants passagers

20 Avril 2016, 09:00am

Les Amants passagers
Belle brochette d'acteurs

Les Amants passagers, de Pedro Almodóvar (2013)

Avec Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo, Lola Dueñas, Antonio de la Torre...

L'avion à destination de México entraîne les malheureux passagers vers une mort certaine : l'un des trains a été mal positionné et oblige le commandant à un atterrissage de toute urgence dans un aéroport disponible. Les passagers de la classe affaire et les membres de l'équipage font tout leur possible pour passer le moment le plus agréablement (et follement) possible.

Je me rappelle avoir vu Les Amants passagers au cinéma lors de sa sortie en France. La salle était... vide, pour un film d'Almodóvar, tout de même assez apprécié par le public français. Et, en effet, les soupçons se sont vérifiés : le film possède une haute dose d'humour déjanté et décalé. A l'époque, beaucoup de critiques signalaient le fait que le réalisateur reprenait le ton de ses premières comédies, telles que Pepi, Luci Bom y otras chicas del montón. Autant dire que j'avais passé un très agréable moment en visionnant ce film (tourné avec peu de moyens et où les héroïnes jouissaient en se pissant dessus), alors qu'avec Les Amants passagers je me suis plutôt ennuyée. Oui, certes, on rit quelques fois, mais la majeure partie du film est fade. Pourtant, les ingrédients du décalé sont là : des stewards gays (d'où l'humour camp), une voyante vierge qui veut cesser de l'être dans ce vol, une millionnaire et un tueur à gages... J'en passe, que des personnages hauts en couleurs qui finissent en joyeuse orgie. Avec, qui plus est, les acteurs les plus en vogue du paysage espagnol, dont l'apparition soit récurrente dans les films d'Almodóvar ou non.

L'esthétique d'Almodóvar est toujours présente : des couleurs pop sous une lumière chaude, des décors soignés ; le film aurait peut-être gagné en se concentrant sur le huit-clos dans l'avion, puisque la scène du téléphone qui tombe du pont pile dans le sac de l'ex de l'homme au bout du fil est un peu too much. Mais Almodóvar joue, et on le sent. Il profite de cette comédie pure qu'il ne s'était pas offerte depuis de nombreux films. Cependant, une chose est assez intéressante dans Les Amants passagers : la critique féroce mais voilée de la société espagnole minée par la crise. Celle-ci passe notamment à travers l'avion qui tourne en rond au-dessus de Tolède et qui finit par se poser dans un aéroport qui n'a jamais été utilisé. Cet aéroport existe vraiment : l'état espagnol a dépensé des millions d'euros à Ciudad Real, mais aussi à Castellón où il doit payer chaque année une entreprise pour se débarrasser des lapins qui se régalent des fils électriques. Donc oui, la métaphore espagnole est flagrante mais peut-être pas assez poussée et le film finit par tourner en rond, à l'image de cet avion désespéré. On notera, cependant, cette magnifique scène d'une chorégraphie très camp sur I'm so excited. Oh yeah !

Les Amants passagers

Une mauvaise comédie qui détonne dans la trajectoire du célèbre réalisateur espagnol

Je vous laisse le délirant play-back ! :)

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