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Du côté de Clio

Kiki, el amor se hace

7 Avril 2016, 14:09pm

Kiki, el amor se hace

OR-GAS-ME

Kiki, el amor se hace, de Paco León (2016)

Avec Paco León, Candela Peña, Belén Cuesta, Natalia de Molina, Alex García...

Cinq histoires s'entremêlent lors d'un torride été à Madrid. Cinq histoires de couples, chacun avec ses fantasmes : il y a celle qui jouit quand un homme lui met un couteau sous la gorge, ou celle qui jouit quand elle touche de la soie, ou une autre quand elle voit son mari pleurer, ou encore un autre quand il voit sa femme dormir... Mais au final, les fantasmes ne sont qu'un prétexte pour parler des problèmes de chacun.

Souvenez-vous de Paco León, ce réalisateur sévillan qui a réalisé le diptyque des Carmina : Carmina y revienta et Carmina y amén (déjà bien délirants). Ici, sa mère n'est plus la protagoniste du film et l'histoire est bien différente. Ainsi, l'affiche promettait une comédie "érotico-festive" : le film s'en rapproche sans tout à fait l'atteindre. En effet, il ne semble pas aller assez loin dans le côté décalé et déjanté, puisqu'il reste dans le (presque) politiquement correct. Cependant, cela ne nous empêche pas de passer un agréable moment et de rire du début jusqu'à la fin du film. Kiki, el amor se hace est de ces films qui pose la situation dès les premières images, celles qui vous indiquent si vous allez aimer le film ou non : un couple (Natalia de Molina et Alex García) fait l'amour et atteint l'orgasme alors que défilent sur la moitié de l'écran des scènes de bestiaire animalier. On accroche, ou on n'accroche pas, c'est sûr !

Les acteurs sont le point fort de Kiki, el amor se hace ; ils tous excellents ! Il est dommage que l'on ne voie que trop peu Candela Peña sur les écrans dernièrement ; elle n'a rien perdu de son talent d'interprétation. Les personnages sont aussi assez bien construits ; pourtant, ils manquent de profondeur puisqu'il est difficile de s'attarder sur l'un alors que le film prétend refléter cinq histoires de couples. Paco León, pour réaliser son troisième film, est allé piocher dans diverses influences, et notamment chez Almodóvar. En effet, qui connaît l'univers du célèbre réalisateur espagnol reconnaîtra sa patte dans la scène de l'iguane, avec ces tableaux fixés au mur et ce fauteuil pourpre rouge. Pourtant, malgré ses références assumées, Paco León parvient à faire de son travail un film unique sur les délires sexuels contemporains. Il ne tombe jamais dans le vulgaire, alors même qu'un couple se retrouve dans un pub sexuel. Une histoire a cependant quelque peu froissé ma position féministe : le mari qui prend son pied en donnant des gouttes à sa femme pour qu'elle dorme et ne se rende compte de rien, elle qui refuse toute relation avec lui. Certes, cela est expliqué par son accident qui a laissé ses jambes inertes ; elle se déplace en fauteuil roulant, et elle ne s'accepte plus. Oui, mais non... Mais tout de même, au final, les blagues de Kiki, el amor se hace restent longtemps imprégnées dans nos esprits ; le film a tenu sa promesse.

Kiki, el amor se hace

Un film jouissif et agréable qui ne va cependant pas au bout de son délire

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