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Du côté de Clio

Siembra

20 Mars 2016, 13:43pm

Siembra

La réalité des déplacés colombiens

Siembra, de Ángela Osorio Rojas et Santiago Lozano Álvares (2015)

Avec Diego Balanta, Jose Luis Preciado, Ines Granja...
Présenté en Compétition officielle du Festival Cinelatino 2016
Grand prix coup de coeur à Cinelatino 2016

Turco (Diego Balanta) vit dans un bidonville avec son fils Yosner (José Luis Preciado). Il est l'un de ces nombeux "déplacés" qui ont dû fuir leurs terres à cause de la guerre. Il veut y retourner mais Yosner espère un avenir en ville. Cependant, il meurt et Turco voit son rêve s'éloigner encore un peu plus...

Siembra narre la souffrance d'un homme qui a dû fuir son village et ses terres à cause de la guerre entre la Farc, les autres groupuscules et l'Etat colombien. Le film est tourné en noir et blanc et est le premier long-métrage des deux réalisateurs. Il se base sur une thèse qui a étudié les déplacés. Mais le film se centre essentiellement sur le ressentis de ceux qui sont partis, sur leur vie ailleurs, où ils ne se sentent pas chez eux quand il leur est bien impossible de revenir là où ils se sentaient enracinés. Yosner, le fils, tue le temps dans les battle de hip-hop avec les jeunes de son quartier ; il commence à être bon. Mais il est assassiné ; on ne le comprend pas de suite, on ne sait pas non plus qui vient de mourir. Le film nous laisse cette part de mystère qui le rend tout à fat attractif. Les éléments prennent forme peu à peu... Le père ressent une tristesse immense qu'il canalise dans l'alcool et dans  d'autres manières d'oublier. Il n'arrive pas à se faire à l'idée de devoir enterrer son fils, l'unique être qui le rattachait encore à son Ithaque où il rêve de retourner.

Le blanc et noir et la manière de tourner font de Siembra un film qui pourrait être, par moments, contemplatif, comme lors de la première scène de battle où la caméra glisse sur les corps au ralenti. Les acteurs sont bons, surtout Diego Balanta qui incarne Turco, le père, le personnage qui apparaît le plus à l'écran. Cependant, une scène m'a paru étrange : celle où Turco prend de la hauteur pour observer la ville, quand il va dans la montagne, qu'il rencontre un paysan et qu'il l'aide à tuer le cochon. La scène suivante le montre en ville : quel est l'intérêt de cette tuerie ? Mais enfin, ce n'est qu'un détail, le film est bon et parle d'une réalité d'une manière détournée, ce qui le rend plus attractif encore.

Un film bon et intéressant qui ne parvient cependant pas à captiver totalement...

Siembra

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