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Du côté de Clio

La última tierra

20 Mars 2016, 13:40pm

La última tierra

Eprouvant

La última tierra, de Pablo Lamar (2016)

Avec Ramón del Río, Vera Valdez

Présenté en Compétition officielle au Festival Cinelatino 2016

Prix Découverte de la Critique Française à Cinelatino 2016

Un vieil homme (Ramón del Río) s'occupe de sa femme mourante (Vera Valdez). Ils habitent un lieu reculé, dans les montagnes, perdus.. abandonnés.

La última tierra est un film avant tout contemplatif où le temps s'étire. Les plans sont longs ; il doit y en avoir tout au plus une trentaine pour une durée totale de 1h20. La caméra se pose sur la maison, sur l'eau, sur un feu, sur un paysage... Les mots sont absents, aucune parole n'est dite. Cependant, les sons sont là pour les remplacer : tout est amplifié. Les oiseaux, la vie qui suit son cours hors-champ, le bruit de cet homme qui marche sur des cailloux avant d'entrer dans l'eau et de se diriger vers une petite cascade. Alors oui, c'est un film beau. Beau, mais lent, beaucoup trop lent. L'histoire racontée est simple puisqu'il s'agit pour le vieil homme de dire adieu à sa femme, loin de toutes les conventions. Ainsi, seulement deux personnages apparaissent à l'écran, en plus d'une petite bicoque dans la montagne. Elle aussi est un personnage à part entière.

J'avoue avoir souffert devant ce film. Non pas de la longueur, parce que j'aime les films contemplatifs, mais oui de l'histoire portée à l'écran. La première scène nous présente un homme qui mange son repas du soir, le mâche méthodiquement, avant de se baisser. On entend alors un bruit étrange, indéfinissable : quelques minutes plus tard, le vieil homme donne à manger de bouche à bouche à sa femme qui peine à avaler. Terriblement cru, mais terriblement réel. La vieille dame est sur le point de s'étouffer... Le plan de sa mort est tout simplement magnifique : il est ce qui réellement m'a le plus plu du film. La caméra nous projette l'image de la tête de la vieille dame, allongée. Tout est noir. Peu à peu, le jour se lève, les oiseaux chantent, la vie commence. La lumière s'éclaircit, encore un peu plus, plus encore, jusqu'à devenir totalement saturée. La femme disparaît sous ce halo blanc immaculé. Tout cela en une dizaine de minutes (oui, quand même !). J'avoue aussi ne jamais avoir fait ça, mais je suis partie avant la fin : le vieil homme creuse un trou, sûrement pour enterrer sa femme. Peu après, il brûle un bûcher, prend une torche, se dirige vers le linceul du lit de sa femme morte... Je suis sortie. C'était trop. Je vous laisse découvrir par vous-même ce qu'il se passe.

Un film lent (long)... auquel il faut se préparer émotionnellement

La última tierra

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