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Du côté de Clio

L'Etreinte du serpent

18 Mars 2016, 11:22am

L'Etreinte du serpent

Que ferons-nous si l'Amazonie et ses peuples, avec leurs savoirs, venait à disparaître ?

L'Etreinte du serpent, de Ciro Guerra (2015)

(El Abrazo de la serpiente)

Avec Jan Bijvoet, Brionne Davis, Nilbio Torres...
Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2015
Présenté dans la section "Reprises" de Cinelatino 2016

Théo(odre Koch- Grunberg) (Jan Bijvoet) est un éthnologue allemand, arrive en Amazonie pour mieux comprendre le monde. Seulement, il tombe malade et Karamakate (Nilbo Torres) est le seul capable de le sauver : il est l'unique survivant de son peuple et il sait préparer le yakruna, une mystérieuse plante qui produit des rêves. Le chaman doit accepter d'aider celui qui descend de ceux qui ont décimé les siens pour le caoutchouc. Quarante ans plus tard, Karamakate (Antonio Bolivar) reçoit un américain qui part sur les traces de l'allemand...

L'Etreinte du serpent a été présenté à Cannes et est sorti dans les salles hexagonales en 2015, avec de bonnes critiques. Il est vrai qu'il est très poétique, surtout si on pousse l'analyse dans les détails des plans et de ce qui est dénoncé. Parce que ce film dénonce beaucoup de choses : bien sûr, la "civilisation" occidentale qui s'attaque au poumon de la terre et qui détruit ce qu'il en reste (aussi bien le végétal que les humains) par besoin capitaliste. Mais la mauvaise facette de l'Eglise est aussi montrée, par exemple, à travers ce prêtre qui fouette des orphelins de sa mission pendant la nuit. La tradition doit être préservée grâce à ce seul rescapé, qui est bien l'opposé de ces hommes blancs qui arrivent par le fleuve.

L'Etreinte du serpent est le premier film a avoir été tourné entièrement dans la forêt amazonienne depuis 30 ans, c'est dire. La poésie qui en ressort passe par le noir et blanc somptueux, choix audacieux pour filmer le vert de la forêt. Les nuances sont variées ; la pellicule en 35 mm ajoute une touche à ce côté onirique. Le film est assez long, 2h05, et le devient autant que le fleuve qui porte les personnages à de nombreuses reprises. Il est essentiel d'être attiré par l'ethnologie pour l'apprécier, ou par la poésie des images. Le récit est quelques fois, souvent, assez décousu, et cela est bien dommage. On met, par exemple, un temps certain avant de comprendre que les deux acteurs représentent Karamakate à deux étapes différentes de sa vie. Le film se fait surtout quelques fois un peu long, même si la poésie des plans nous aide à supporter le temps qui passe...

L'Etreinte du serpent

Un film fleuve, esthétiquement magnifique

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