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Du côté de Clio

Free love

6 Mars 2016, 08:32am

Free love

"Je ne demande qu'une chose : l'égalité."

Free Love, de Peter Sollett (2015)

Avec Ellen Page, Julianne Moore, Michael Shannon...

New Jersey, dans les années 2000. Laurel (Julianne Moore) et Stacie (Ellen Page) se rencontrent à un match de volley. C'est le coup de foudre, mais Laurel est inspecteur de police et ne veut pas ruiner sa carrière en dévoilant son homosexualité au grand jour. Cependant, un cancer des poumons de stade 4 lui est diagnostiqué. Elle devra alors se battre pour que sa pension soit reversée à Stacie, pour que celle-ci puisse continuer à vivre dans leur maison...

Free love était attendu, comme l'était Carol : Ellen Page a fait son coming-out et dans la foulée elle a tourné ce film (qu'elle a aussi produit). Il était prometteur : il devait rompre les clichés de l'âge pour l'amour puisque presque vingt ans séparent Laurel et Stacie (comme pour Gerontophilia) ; il devait faire tomber les tabous conservateurs des (non) droits des homosexuels ; il devait porter à l'écran une histoire vraie, dont la bande-annonce laissait présager le pathos. Free love est trop prévisible, aucune larme ne coulera sur les joues parce qu'il est trop lisse, trop formel. Le zoom est porté sur le long combat de Laurel et Stacie pour faire valoir les mêmes droits que ceux qui seraient accordés à un couple hétérosexuel, donc exit toute beauté et sensualité sur leur rencontre : en dix minutes, elles se sont trouvées et se sont installées ensemble. Ce qui est un peu court...

Les actrices sont bonnes, mais j'avoue avoir vu le film en VF et peut-être que mon jugement est biaisé parce que le doublage est vraiment mauvais... Je m'attendais cependant à mieux de la part de ces deux formidables comédiennes. Le meilleur acteur, celui qui apporte une touche originale au film serait sans aucun doute Steve Carrel incarnant le fondateur de Garden State Equality, qui va aider de manière active les deux femmes dans leur combat. Juif et gay, il se met toujours en avant pour crier des slogans et tenter de faire bouger les pensées bien trop fermées des plus conservateurs. Cependant, l'histoire n'échappe ni aux clichés innombrables ni aux failles : que dire du dialogue entre Steve et Dane, le partenaire professionnel de Laurel, qui répond, "ne m'appelle pas chéri" au militant ? Que dire de la réplique de Laurel à Stacie après leur contrat d'union libre : "c'est officiel, bébé ?" Aaaaargggh !!! Que dire de l'interrogatoire d'un témoin par Laurel où celle-ci révèle sa "peur" à 16 ans lorsqu'elle a appris qu'elle était lesbienne ? Que dire de l'image finale ? J'en passe.

Ainsi, le (seul) point fort du film serait de révéler au grand jour et sur grand écran le combat de ces deux femmes qui ont fait valoir leur amour et qui ont permis une avancée considérable pour la cause gay aux Etats-Unis. Ce fut l'une des pierres pour l'acceptation avant ce 26 juin 2015 où tous les états du pays ont autorisé le mariage pour les couples de même sexe. Il était temps, non ? Il reste cependant encore beaucoup à faire...

(Ps: comme le dit un prêtre pour la défense des droits des deux femmes devant le tribunal, Jésus n'a rien dit dans la Bible au sujet de l'homosexualité)

Free love

Un film très médiocre mais qui a le mérite de rendre visible un combat juste pour l'égalité

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