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Du côté de Clio

Un soleil froid en été

19 Janvier 2016, 17:39pm

Un soleil froid en été

"Tu recherchais à la campagne le romantisme de sa tranquillité. Et tu y trouves seulement ta propre misère."

Un soleil froid en été, de Mathieu Gari (2015)

(Un sol frío en verano)

Avec Paulina Veltina, Júlia Ferré, Eli Piz...

En lisant le synopsis du film, on apprend qu'il se déroule en 2048 et qu'il raconte les derniers jours de la vie d'une femme. Une femme qui évolue autour de deux autres femmes, principalement dans une villa. Il est difficile d'en écrire le résumé, puisque l'histoire reste assez opaque...

Un soleil froid en été commence par une note d'information aux spectateurs : le processus n'a bénéficié d'aucune aide économique. Comme d'autres films espagnols contemporains, comme ceux de la mouvance "#Littlesecretfilm" (Todo el mundo lo sabe a été tourné avec un budget de 2.000€ par exemple). Mais cela n'empêche en rien les réalisateurs de nous présenter de bons films qui rivalisent d'ingéniosité ; je pense notamment a Todos tus secretos, de Manuel Bartual. Pour Un soleil froid en été, le problème est autre : l'histoire est opaque et les acteurs ne sont pas à la hauteur. Certes, Mathieu Gari défini son film comme un "drame psychologique contemplatif" : que de beaux qualificatifs ! Et la définition est correcte, mais la réalité de la trame est autre. Si quelqu'un accepte de m'expliquer l'histoire, je suis preneuse ! Le film commence donc par une belle image de maison perdue au milieu de la sierra andalouse, avec en premier plan les herbages qui se meuvent au gré du vent. Sur la droite apparaît une route qui descend de la colline. En noir et blanc. Contemplatif, oui. Puis soudain, l'image se colorise. Deux femmes prennent le petit déjeuner sur la terrasse. La musique commence...et se coupe net au milieu d'un beau mouvement de piano, nous laissant dans la bouche un goût d'inachevé qui ne sera que le reflet même du film que l'on va découvrir.

Qui dit contemplatif, dit peu de paroles. Et heureusement, parce que dès que les actrices ouvrent la bouche, la magie du cinéma est rompue. Les dialogues sont forcés, recrachés, les gestes ne sont pas crédibles, on sent que tout a été transcrit sur le papier. Ou que les actrices ne parviennent pas à se libérer de l'emprise de la réalité. La seule scène qui m'a plu est celle de la discothèque : une femme boit seule, se fait littéralement chier, une autre s'approche, la drague plus ou moins subtilement avec le jeu de regards qui se fuient, se jaugent de haut en bas, s'accrochent, un sourire s'esquisse, puis deux, un doigt est passé sur les lèvres : on y croit. Quant au reste... Beaucoup de questions restent en suspend et entravent la compréhension et le plaisir du visionnage. Les trois femmes se succèdent dans la villa, la jalousie, la violence, le sexe... Oui, mais pourquoi ???

Un soleil froid en été

Un film hermétique avec un piètre jeu des actrices

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