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Du côté de Clio

Los exiliados románticos

2 Octobre 2015, 15:04pm

Los exiliados románticos

Un road movie poétique signé Jonás Trueba

Los exiliados románticos, de Jonás Trueba (2014)

(Les exilés romantiques)

Avec Vito Sanz, Renata Antonante, Francesco Carril, Isabelle Stoffel, Luis E. Parés...
Présenté dans la section "Panorama" de Cinespaña 2015
Biznaga de Plata - prix spécial du Jury et Biznaga pour la meilleure musique (le groupe est Tulsa) lors du Festival de Málaga 2015

Un groupe d'amis prend la route depuis Madrid jusqu'à Paris, en passant par Toulouse. Ils voyagent dans une fourgonnette orange d'un ancien temps, à l'image de ces amours qu'ils partent chercher dans chaque ville qu'ils traversent. Finalement, ils arrivent au lac d'Annecy : la délivrance est là.

Jonás Trueba a ce petit côté agaçant de réaliser de petits bijoux sans aucun scénario préalable. Il nous avait déjà démontré ses prouesses il y a deux ans avec Los Ilusos, qui avait remporté la Violette d'Or du festival de cinéma espagnol de Toulouse, Cinespaña. Ce film était tourné en noir et blanc, comme un hommage aux cinéastes français de la Nouvelle Vague. Pour Los exiliados románticos, il va justement au coeur de son admiration en proposant un hommage assumé depuis la France aux romantiques. Le film a donc été tourné en 12 jours, apparemment sans aucune idée réellement construite : il s'est imaginé sur la route. Les acteurs présents sont vraiment des amis dans la "vraie" vie. Aucune grosse production n'est associée, ce qui a permis aux critiques de dire que c'était un film "artisanal".

Et c'est vrai, la bande annonce joue même sur ce fait là en nommant le nom de la caméra utilisée. Le rendu est beau et poétique, la lumière (souvent naturelle) est parfaitement bien utilisée. Le film fonctionne, on suit ce groupe de potes sans savoir où ils vont, ce qu'ils vont faire, ce qui nous rapproche un peu plus des acteurs qui eux non plus ne savaient pas grand chose. Une certaine complicité s'installe... Peu à peu, on entre dans l'histoire et on dénoue la construction interne. Los exiliados románticos aborde beaucoup de thèmes, dont la perte de l'adolescence (ou de la jeunesse) et l'envie de lui arracher un dernier souffle, ou encore l'amitié, la relation hommes-femmes, l'amour, qui est ici souvent idyllique, fantasmé ou éphémère. Des thèmes universels donc, qui baignent dans une belle poésie de film d'été qui cherche à capturer le soleil avant de sombrer dans la grisaille hivernale. Des situations simples, qui pourraient arriver à n'importe qui, et étonnantes comme ces retrouvailles avec un amour estival dans les Jardins du Luxembourg : la déclaration d'amour est touchante... et ratée. La musique, enfin, est signé par le groupe "Tulsa", souvent catégorisé comme "underground". Ce groupe devient notre béquille, car il accompagne les personnages dans tous leurs arrêts dans les villes. Une musique elle aussi poétique avec les doux sons des cordes de la guitare... mais une musique peut-être un peu trop présente.

Un beau film qui nous parle d'amour et d'amitié, et de ce besoin fort de se sentir vivants

En guise de bonus, une chanson de Tulsa, donc

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