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Du côté de Clio

Las altas presiones

6 Octobre 2015, 08:08am

Las altas presiones

"Penser moins et agir plus"

Las altas presiones, de Ángel Santos (2014)

Avec Andrés Gertrúdix, Itsaso Arana, Diana Gómez, Juan Blanco...
Prix du Nouveau Réalisateur au Festival de Séville 2014 (SEFF)
Présenté en compétition officielle à Cinespaña 2015

Miguel (Andrés Gertrudix) revient dans sa Galice natale pour des repérages de lieux pour le film d'un réalisateur. Il retrouvera ses amis d'antan, ce qui le fera peu à peu prendre conscience de la vie qu'il a laissé filer. Ce retour sera donc des retrouvailles, tant avec tous ses amis d'enfance qu'avec lui-même.

Las altas presiones est un film qui suggère plus qu'il ne raconte. En soi, il ne parle pas de grand chose, il observe ce personnage de Miguel qui se rend compte que sa vie ne lui plaît pas et qu'il n'a pas su saisir les opportunités qui se présentaient à lui. Miguel n'accomplit aucune action exceptionnelle. Il est parti de sa terre natale pour avoir du travail : il y revient, certes avec un job, mais avec un projet qui ne lui appartient pas, sans aucun succès et avec une profonde mélancolie. L'empathie pourrait être assez forte face à ce personnage qui n'est que spectateur de sa propre vie, sans pouvoir en devenir l'acteur, puisqu'il arrive "toujours trop tard". Il n'agit pas, jamais, reste enfermé dans cette vie qu'il ne sait saisir.

Difficile de donner un avis de ce film tant il m'a laissé indifférente. Certes, l'empathie pour Miguel était peut-être présente, mais jamais le désir de lui crier d'agir n'a été fort. Les acteurs ne sont pas mauvais, mais servent un film sans grand éclat. Les symboles sont fortement présents, il est vrai : les ruines de cette Galice nous laisse imaginer l'état d'esprit de Miguel. Métaphore d'une nostalgie maladive qu'il s'agit de briser à coup de lancer franc de tasses de porcelaine contre les murs. Les images sont belles, la photo es soignée, quelques scènes sont bien tournées. Le travelling de plusieurs minutes où les personnages dansent en écoutant un groupe en live : la caméra tourne sur elle-même et les suit. Cette scène s'est tournée en une seule prise et parvient à une certaine naturalité et spontanéité, il faut le reconnaître. Le film nous parle donc de cet état d'abattement où l'on reste statique, dans lequel on peut tomber et qui nous empêche de faire les bons choix. On a tous connus ça, non ? On a tous rêvé de la vie des autres, qui semble parfaite et enviable, non ? Mais il faut agir avant que la notre passe et nous laisse un goût amer persistant dans la bouche. L'ambition de Las altas presiones serait de faire un portrait de cette génération à la dérive, malheureusement il ne parvient pas à nous atteindre. Il sera vite oublié après le visionnage. Le potentiel était bon, c'est bien dommage...

Un film qui m'a laissé complètement indifférente

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