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Du côté de Clio

El destierro

13 Octobre 2015, 19:50pm

El destierro

Un film magnifique sans aucune prétention

El destierro, d'Arturo Ruiz Serrano (2054)

Avec Joan Carles Suau, Eric Francés, Monika Kowalska...
Présenté dans la section "Nouveaux Réalisateurs" de Cinespaña 2015
Prix du Meilleur Nouveau Réalisateur de Cinespaña 2015

Teo est un jeune séminariste dévoué à la religion et à la littérature. Il est envoyé dans une bicoque au fin fond de la montagne : un poste de garde. La guerre civile espagnole fait rage dehors. Avec son camarade Silverio, un paysan rustre, il est chargé de surveiller cette zone. Paulino, qui vient les ravitailler, est la seule présence humaine qu'ils verront durant les longs mois d'hiver. Seulement, leur quotidien est mis en péril lorsque Silverio recueille une jeune femme communiste blessée. Les deux gardes sont dans le camp franquiste...

Si vous cherchez des informations à propos de ce film sur Internet, il se peut que vous ne trouviez pas grand chose, et c'est bien dommage. Il faut espérer que le prix reçu à Cinespaña marquera le début d'une longue série de trophées, et qu'ainsi tout le monde pourra le découvrir. Pour l'instant, la date de sortie en Espagne n'est pas prévue. Et c'est vraiment très dommage, car ce film est une perle, un petit bijou à déguster avec passion. Un film à petit budget, encore un sur la longue liste des films espagnols de ces dernières années, mais qui parvient à se dresser bien au-dessus de tant d'autres films commerciaux. Ici, ce serait presqu'un huit-clos. Dans un poste de garde : deux hommes, une femme, que tout oppose, mais qui vont vivre les mois les plus forts de leur vie. La guerre civile évoquée précédemment est loin de ce plateau qui sera le réceptacle des passions les plus folles. Evidemment, c'est un drame, mais le drame est cocasse. Les situations sont quelques fois folles, comme le deal que passent les trois protagonistes pour pouvoir résister à l'hiver.

Je vous avoue qu'au début du film j'ai eu peur du résultat. Certaines pellicules avaient déjà montré la guerre civile du côté des franquistes en les glorifiant ; certes, une guerre est un fait complexe, et certains "méchants" peuvent être "gentils" et inversement. Mais il y a tout de même certaines limites à respecter quand la mémoire à retenu les atrocités opérées. El destierro se passe aussi du côté des franquistes. Mais il n'y a pas de moralité à faire, tout est bien plus complexe dans ce film. Tout. La psychologie des personnages, par exemple. Les notions d'amour et d'amitié, aussi.

Enfin, d'un point de vue formel, les images qui déroulent le rythme des saisons sont somptueuses. Le film baigne dans ce paysage solitaire et désolé qui évoque l'état d'âme dans lequel se trouvent les personnages. Les acteurs sont merveilleux, pas connus mais j'espère qu'ils le seront bientôt. Le scénario est très bien mené ; que dire de la fin ? J'aimerais vous laisser la découvrir tous seuls, j'espère de tout coeur que le film parviendra jusqu'à vous. Il en vaut la peine. Sublime et épuré comme on en voit si peu.

Un film minimaliste à la beauté captivante. A découvrir de toute urgence !

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