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Du côté de Clio

La Isla mínima

19 Août 2015, 21:40pm

La Isla mínima

Une recette qui marche du tonnerre

La Isla mínima, de Alberto Rodríguez (2014)

Avec Javier Guitiérrez, Raúl Arévalo, Nerea Barros, Antonio de la Torre...
Grand vainqueur des Goya 2015, avec 10 récompenses dont meilleur film

Andalousie, 1980. Epoque postfranquiste, encore marquée par le drame du passé. Pedro et Juan, deux policiers opposés, doivent résoudre un crime sordide : deux soeurs ont disparu, avant d'être retrouvées mutilées et violées. Il s'agit alors de retrouver qui a commit ce double homicide alors que la loi du silence et de la corruption règne dans ce bout de l'Espagne. Les policiers devront aussi faire face aux démons de leur propre passé.

La Isla mínima était le grand favori des Goya 2015, l'équivalent de nos Césars. Et il a remporté la plupart des prix, dont les plus prestigieux tels que meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice révélation... Et il faut dire que c'est totalement mérité ! L'ambiance créée est excellente et nous montre une nouvelle fois les prouesses dont est capable le cinéma espagnol actuel pour les polars. L'originalité provient sans aucun doute du fait de traiter l'un des thèmes phares du cinéma espagnol de ces dernières décennies : la guerre civile (avant, pendant et après, en témoignent les nombreux films sur ces sujets). Ici, ce thème est déplacé car relégué à un second rang derrière l'enquête policière : mais l'intérêt est de montrer que la "transition" qui suit la mort de Franco en 1975 n'est pas encore parvenue au bord du fin fond du Guadalquivir. Tous les habitants se méfient des policiers et de la "guardia civil" ; il faut alors les payer pour les faire parler. Autre point fort du film : ses paysages et son esthétique. Les plans aériens en plongée sont absolument magnifiques et permettent de montrer tous les ressorts que recèle cette magnifique région près de Séville. Les quelques courses poursuites enchaînées dans la boue et la poussière sont très bien tournées. Les acteurs sont aussi au top : un Raúl Arévalo taciturne au possible contre un Javier Guitiérrez qui semble cacher de bien lourds secrets du passé derrière sa violence apparente.

Cependant, et c'est bien là le reproche que je ferai à ce film, les clichés du polar sont bel et bien présents (trop présents). Le bon policier contre le mauvais, les filles (oui, des filles, vous remarquerez que ce sont souvent des femmes que l'on retrouve assassinées) mutilées et violées retrouvées mortes, une enquête menée par de nombreux rebondissements, des courses poursuites, des mensonges, des faux coupables, des disparus qui réapparaissent sans que l'on sache d'où, des problèmes avec les supérieurs, des couteaux, des pistolets, de l'angoisse... Bref, la recette un peu trop classique du parfait polar/thriller. Ce qui n'empêche pas La Isla mínima d'être un très bon film qui parvient à nous saisir du la première à la dernière minute !

Un très bon polar... un peu trop classique.

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