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Du côté de Clio

The Duke of Burgundy

17 Juin 2015, 15:01pm

The Duke of Burgundy

Folle sensualité

The Duke of Burgundy, de Peter Strickland (2015)

Avec Sidse Babett Knudsen, Chiara D'Anna...

Cynthia (Sidse Babett Knudsen) est lépidoptériste, spécialiste des papillons ; Evelyn (Chiara D’Anna), sa femme de ménage. En réalité, Cynthia et Evelyn sont amantes. Dans une relation sadomasochiste. La première semble dominer la seconde. Ou peut-être l'inverse ; bientôt, ce petit jeu ne complaît plus personne.

The Duke of Burgundy est un film d'une beauté sans pareille. La mise en scène est magnifiquement soignée, dans le quasi huit-clos d'une riche demeure gothique. Le lieu n'est autrement identifié : on se trouve perdu dans la forêt, avec ces deux femmes, dans un univers exclusivement sans homme. Quelques rares personnes viennent troubler ce tableau, mais l'on observe la relation qu'entretiennent ces deux femmes, Cynthia et Evelyn. Très vite, on comprend que la relation n'est pas celle que l'on croit, et la psychologie des personnes est très recherchée. Les références au cinéma d'auteur sont certainement nombreuses. Les actrices sont fabuleuses dans leur rôle respectif où chacune semble vouloir combler l'autre bien que ça lui fasse mal. Car les gestes sont répétitifs, on a l'impression de se trouver dans un conte onirique où l'issue semble impossible. Au final, ce qui importe avant tout, c'est de le contempler, bercé par la merveilleuse musique de Cat's Eye.

Le film tombe donc dans une torpeur et une répétition bien dommage. Il y a certes bien quelques péripéties, mais elles ne représentent qu'une parenthèse dans ce tableau de gestes encore et toujours identiques. Le nettoyage du bureau, les culottes qu'il faut laver et rincer, celle qui reste sur le lavabo, oubliée. Cela, des fois, semble lassant, mais il suffit alors de s'attarder sur la beauté des couleurs dans l'eau où le savon coule en cercle. Rester dans la contemplation, toujours, aussi bien visuelle (quelques belles trouvailles oniriques, notamment en rapport avec les papillons, mais aussi sur les plans qui semblent apparaître au microscope sur les visages) qu'auditive, chaque son étant amplifié, magnifié. Finalement, la gamme de pratiques sadomasochistes (fétichisme, voyeurisme, urophilie) est bien vite laissée de côté et notre attention n'est retenue que par la beauté d'image hyper-soignée.

Un film d'une rare beauté onirique et envoûtante.

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