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Du côté de Clio

Le Souffle

16 Juin 2015, 21:29pm

Le Souffle

Jouissance visuelle

Le Souffle, de Alexander Kott (2015)

Avec Elena An, Karim Pakachakov, Danila Rassomakhin, Narinman Bekbulatov-Areshev...

Un homme et une jeune fille, que l'on suppose être sa fille, vivent dans une bicoque perdue de la steppe du Kazakhstan. Lui élève des moutons, et elle s'occupe de lui. Tout va bien jusqu'à ce qu'un prétendant se déclare et que des européens arrivent...

Le Souffle est un film sans parole. La musique est très présente et magnifique, et les bruits quotidiens sont amplifiés. On parvient cependant à comprendre l'histoire, plus ou moins bien. De toute façon le noyau n'est révélé qu'à la fin, ce qui nous permet de comprendre cette cruauté subjective. Il est difficile de poser des mots sur ce film qui lui même ne nous en offre aucun. Tout passe donc par l'image, et autant dire que chaque plan est un tableau, sans aucune exagération. Somptueux tableau, toujours. Au point où l'on arrive à se demander si le suivant pourra encore surpasser le précédant. Et oui, la beauté succède à la beauté.

Le film n'est pas long, 1h35, heureusement. Il contient de nombreuses ellipses, notamment pour éviter les paroles. Cependant, au bout d'un moment, on décroche un peu, déstabilisé par cette absence totale de mots formels. Evidemment, on comprend que la passion née entre un jeune éleveur de chevaux et la jeune fille (magnifique...), qu'un jeune russe convoite aussi. On comprend la répétition quotidienne des gestes et des évènements / sorties. Certaines choses sont moins perceptibles, c'est dommage. Mais les images restent, associées à cette musique sublime. Il existe une incohérence cependant : je vous laisse la découvrir entre le retour du père à la maison et l'avant-dernière fois où l'on voit le camion : la couverture qui a été utilisée pour une fin bien précise a fait à nouveau son apparition. Un peu surprenants les effets spéciaux finaux aussi dignes que les blockbusters américains, qui dénotent un peu avec l'esthétique même du film. Mais le tout reste très poétique.

Je ne vous en dirai pas plus, mise à part que le film se déroule entre 1949 à 1989. Plutôt en 1949, d'ailleurs. Au Kazakhstan, avec la Russie (petite énigme qui met l'épreuve votre connaissance historique).

Une pépite pour les yeux.

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