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Du côté de Clio

L'Ombre des femmes

2 Juin 2015, 19:43pm

L'Ombre des femmes

"Aucun homme ne mérite qu'on se sacrifie pour lui."

L'Ombre des femmes, de Philippe Garrel (2015)

Avec Stanislas Merhar, Clotilde Courau, Lena Paugam...
Ouverture de la Quinzaine de Réalisateurs à Cannes 2015

Pierre (Stanislas Merhar) est avec Manon (Clotilde Courau). Il l'aime. Ou du moins c'est ce qu'il dit. Il a une maîtresse, Elizabeth (Lena Paugam). Il ne peut se passer de son corps. Elizabeth lui apprend que Manon a un amant, elle aussi. Sauf que Pierre va lui demander de ne plus jamais le revoir. Et lui continuera à voir Elizabeth (normal, c'est un homme, comme il pense).

L'Ombre des femmes : tourné en noir et blanc, 35 mm, Paris, très Nouvelle Vague. L'histoire est simple, vue et revue, mais elle marche bien. Très bien même, car il est aisé d'entrer dans le quotidien de ce couple à la dérive. Ils ont l'air de s'aimer pourtant.. Clotilde Courau est sublime dans ce rôle, elle joue une femme qui se veut niaise sans l'être, car elle a tout compris depuis le début. Le Sixième sens des femmes, eh oui... Parce que le nouveau film de Garrel est avant tout un hymne à la femme, ce qui est remarquable de la part d'un homme réalisateur. Pierre est, quant à lui, tout à fait machiste et cynique, enterré dans un silence qui nous donne envie de lui foutre des claques. Oui, les féministes pousseront des cris nerveux en entendant ses paroles : lui a le droit de tromper sa femme parce que c'est un homme, la femme doit rester sage. La voix off présente nous offre un joyeux décalage, sous ce ton monotone qui n'hésite pas à juger le comportement des différents personnages. L'image est fantastique, bien que granuleuse à cause du 35mm : le décalage est voulu entre cette image ancienne, et les nouvelles Clio et autres smartphones, très contemporains. Les acteurs sont tout simplement brillantissimes : Clotilde Courau au-dessus de tous, mais Stanislas Merhar est très bien aussi. Ce film est au final un beau portrait de couple, sans grande prétention, tout en sensualité et en douceur. Oui, Messieurs, Clotilde Courau est magnifique, et il faut bien ajouter que Stanislas Merhar a un charisme fou : il est trop sexyy ! Le drame éclate, par deux fois : mais tout reste plutôt calme. L'homme s'autorise à pleurer, seul. Oui, il la regrette, la femme de sa vie. Il ne sourit jamais, taciturne au possible. On se laisse porter, avec délectation, et on trouve que 1h13, c'est tout de même trop peu...

Un film sans grande prétention qui a tout pour lui !

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