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Du côté de Clio

En silencio, la lluvia

1 Juin 2015, 09:14am

En silencio, la lluvia

Le dernier roman intimiste de l'auteure mexicaine

En silencio, la lluvia, de Silvia Molina (2008)

(En silence, la pluie)

Mónica part de son Mexique natal pour faire une thèse de la peinture flamande à Louvain, en Belgique. Elle fuit ainsi son ex, sa vie, pour tout recommencer dans un pays et une culture qui lui sont totalement inconnus. Sa thèse s'orientera sur une béguine, Catherine de Louvain et elle rencontrera une femme qui deviendra son amie : Irene. Ces deux dernières femmes traversent une crise d'amour existentielle, et Mónica, grâce à elles, parviendra à se trouver.

L'occasion de relire ce roman s'est imposée, et je dois bien avouer que c'est mon préféré de l'auteure mexicaine. Tout ce qu'elle a préparé dans ses romans précédents à propos de l'amour, des femmes, de l'identité se retrouve ici et atteint un certain climax à travers le destin croisé de ces trois femmes. Mónica nous raconte son histoire et sa vie dans une première partie avant de nous faire part de "l'état des lieux" du couple formé par Irene et Santiago à la manière de l'état des lieux obligatoire quand on entre puis quand on quitte une location. On ressent cependant trop le travail de l'écrivain qui se cache derrière cette métaphore : l'auteure, qui a réellement vécu à Louvain, a découvert cette coutume qui ne se fait pas au Mexique et a décidé de l'appliquer dans son roman en la transformant. C'est peut-être un peu forcé... La vie des trois femmes nous entraîne, et l'on perçoit, comme Mónica, qu'elles sont presque identiques malgré les siècles qui les séparent. La deuxième partie du roman se fait plus longue que la première car Mónica, qui raconte son histoire avec une première personne du singulier, prend tous les chemins possibles pour nous détourner de la cause du chagrin d'Irene. Evidemment, la fin est rapide et toute la tension disparaît de manière trop soudaine. On s'imagine très bien sous cette pluie incessante de Belgique, sous le gris constant qui pourrait être, là encore, la métaphore de l'état d'esprit de la jeune narratrice. L'écriture, comme dans tous les autres romans de Molina, est simple et sans détours : un autre moyen de nous entraîner pour percer l'âme de ces trois personnages de femmes.

Un roman simple, mais à la construction complexe qui tient la route.

Extrait :

"Entonces también se daba cuenta de que necesitaba ayuda, alguien que la escuchara, que le diera la mano, que le recordara que la vida era para disfrutarse, que ni entonces ni nunca se iba a desmoronar, que había que seguir adelante. Por eso me buscó, necesitaba a alguien que la animara, porque parecía que había perdido el alma en alguna parte. Necesitaba que alguien le dijera cómo borrar de la memoria lo que había sucedido.

- Quiero olvidar porque la rabia y el sufrimiento son de mujeres de otros tiempos, de las abuelas y de las tías que pasaron la noche con los ojos abiertos cultivando rencores, no con el propósito, como yo, de alejarlos."

Edition Alfaguara, p. 110.

"Elle se rendait alors compte qu'elle avait aussi besoin d'aide, quelqu'un qui l'écouterait, qui lui donnerait la main, qui lui rappellerait qu'il fallait profiter de la vie, que ni maintenant ni jamais elle n'allait se laisser abattre, qu'il fallait continuer à avancer. Pour cela, elle me chercha, elle avait besoin de quelqu'un qui pourrait l'encourager, parce qu'on aurait dit qu'elle avait perdu son âme quelque part. Elle avait besoin de quelqu'un qui pourrait lui dire comment effacer de sa mémoire ce qui était arrivé.

- Je veux oublier parce que la colère et la souffrance appartiennent à des femmes d'autres temps, des grands-mères et des tantes qui ont passé la nuit les yeux ouverts en cultivant des rancunes, sans l'intention, comme moi, de les éloigner."

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