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Du côté de Clio

L'armée des douze singes

16 Mai 2015, 08:28am

L'armée des douze singes

"Le psychiatre, ce prêtre des temps modernes, c'est lui qui décide ce qui est vrai ou faux, c'est lui qui décrète où commence la folie"

L'armée des 12 singes, de Terry Gilliam (1995)

Avec Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt...

La Terre, dans un futur pas si lointain. 5 milliards d'humains sont morts à cause d'un virus qui s'est développé en 1996 ; les survivants vivent sous terre, espérant pouvoir survivre. James Cole, un détenu à perpétuité, est désigné volontaire pour aller dans le passé et découvrir les causes de ce virus ; on l'envoie en 1990, puis en 1996, quelques heures avant la diffusion du virus. Sa mission : retrouver "L'armée des 12 singes", responsable de cette catastrophe.

Un ami m'a parlé de ce film et m'a prêté le DVD ; j'ai regardé la bande-annonce, et j'avoue être restée sceptique. J'ai pourtant commencé à le regarder un soir, assez tard, et je n'ai pas réussi à le lâcher jusqu'à la fin ! L'histoire est captivante, entraînante, et demande une participation active du spectateur, baladé entre le présent et le passé, le vrai et le faux, les gentils et les méchants. Plusieurs trames sont construites dans ce film : oui, James Cole doit retrouver le mystérieux groupuscule, mais il doit aussi se battre contre tous les gens qui le pensent fou, remplir sa mission et percer le secret du rêve d'un homme qui se fait abattre dans un aéroport, rêve qui le poursuit depuis sa plus tendre enfance. Bon, sur ce point, la fin devient bien trop prévisible, c'est vrai. Mais pour le reste, j'ai adoré le jeu qui s'installe avec le spectateur, sans cesse mené en bateau. Le mélange des genres est aussi très réussi : on passe de la SF (avec une machine à remonter le temps un peu dépassée aujourd'hui), au thriller haletant et presque angoissant (avec une claire référence à Hitchcock) au drame amoureux sans issue. La description de la folie n'est pas sans rappeler Vol au-dessus d'un nid de coucou, sauf que le curseur est ici poussé à l'extrême, ce qui donne un séduisant effet. Franchement, j'ai été bluffée ! Le rythme est maintenu jusqu'à la fin, avec un humour et une perte de repères fabuleux. Quant à la SF, même si les Etats-Unis restent le centre du monde et de la perdition de l'humanité (le virus se propage de Philadelphie à San Francisco, avant de poursuivre vers d'autres villes américaines), elle reste réaliste, dans le sens où oui, un jour un virus pourrait infecter l'humanité jusqu'à l'anéantir (Ebola a affolé les foules récemment). Ce genre m'est encore trop méconnu, et j'ai du mal à trouver le sens caché derrière cette rhétorique du futur. En même temps, les critiques envers la société contemporaine sont virulentes, à tout moment dans le film ; un pic est atteint chez les fous, où personne n'a de liberté.

Que dire des acteurs ? Bruce Willis en chevalier de l'apocalypse que tout le monde croit fou est saisissant. Mais le plus extraordinaire reste Brad Pitt, inconnu pour moi dans ce genre de film. Il joue le rôle d'un fils de génie de la science, complètement déluré. Il surjoue son personnage, ce qui le rendrait presque vraiment réaliste. Gros kiffe sur le jeu de ses yeux et de ses mains, vraiment très bien travaillé. Epatant ! Et la musique, whaou !

Franchement, un très bon film à voir et à revoir car quelque chose nous échappera toujours...

En bonus, un petit échantillon du génie de Brad Pitt !

En bonus, un petit échantillon du génie de Brad Pitt !

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