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Du côté de Clio

Retour à Ithaque

22 Mars 2015, 21:38pm

Retour à Ithaque

Une odyssée cubaine

Retour à Ithaque, de Laurent Cantet (2014)

Avec Isabel Santos, Jorge Perugorría, Fernando Hechevarria, Néstor Jiménez...
Présenté dans la section séance(s) spéciale(s) et la section Panorama (re) voir de Cinelatino 2015

Cinq amis se retrouvent lors d'une soirée sur les toits de la Havane seize ans après s'être séparés. Il est alors temps de faire part des vieilles rancunes, de régler quelques comptes, mais de parler de cette jeunesse qui est partie bien trop vite. La vie quoi, qui passe, douloureusement.

Laurent Cantet nous revient avec un nouveau film, après avoir gagné la Palme d'or pour Entre les murs en 2008. Je l'aime tout particulièrement pour ce film, Foxfire : confessions d'une bande de filles, qui a connu un échec tout à fait injustifié. Je ne vais pas m'étendre sur ce sujet, mais sachez que c'est un très beau film qui mériterait d'être (re)découvert. Ici, pour son nouveau film, Laurent Cantet signe le scénario avec Leonardo Padura, romancier cubain ; ils se sont inspirés d'une partie d'un de ses romans pour l'écriture du film. Celui-ci nous montre donc un huit-clos ouvert sur les toits et la chaleur de la Havane. Il aurait pu sombrer dans l'écueil des retrouvailles soporifiques d'une bande de potes, mais non, loin de là. S'allient dans un mélange subtil histoire personnelle des amis et Histoire de Cuba puisque l'un deux revient sur l'île après seize ans d'exil en Espagne. Le film se veut drôle, et il l'est. Moraliste, parfois ; peut-être l'est-il un peu. Il nous enseigne quelque chose, ça oui. L'amour, l'amitié, le pardon. Chacun de ces cinq amis a fait ce qu'il a pu pour sauver sa peau suite à la chute de l'URSS et la suspension de son aide qui a privé Cuba de tous ses idéaux révolutionnaires en les conduisant au bord de la pauvreté. La dictature de Castro est aussi passée par là, entraînant le refus de toute culture des Etats-Unis (interdiction formelle d'écouter les Stones ou les Beatles !) mais surtout la peur.

Mais le film reste somme toute un peu prévisible : les cinq personnages exposent leur propre mal être, leur angoisse alors qu'à la fin le non dit qui s'était fait pesant depuis le début se révèle. Les acteurs sont bons, très bons, et tout commence sur une chanson endiablée qui donne une image de joie ensoleillée que nous ne retrouverons plus dans l'obscurité du film. Ou peut-être au matin, lorsque le soleil se lève, sur un jour meilleur... ou pas. Enfin, il est important de signaler que ce film a été interdit de projection lors du festival de la Havane : les hautes strates cubaines n'avaient peut-être pas envie qu'on parle du passé cubain de cette façon... Dommage.

Un film passionant qui mêle histoire et Histoire ; la connaissance de l'Histoire cubaine est cependant nécessaire pour sa pleine compréhension.

LA chanson d'ouverture ! :)

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