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Du côté de Clio

Refugiado

21 Mars 2015, 17:19pm

Refugiado

La peur : une fuite effrénée et haletante

Refugiado, de Diego Lerman (2014)

(Réfugié)

Avec Julieta Diaz, Sebastian Ezequiel Molinaro...
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2014
En section panorama fiction de Cinelatino 2015

Matías est à l'anniversaire d'une copine de classe ; sa mère, Laura, ne vient pas le chercher et quand il tente de la joindre, elle ne répond pas. Il la retrouve couchée au sol, au milieu d'éclats de verre : son mari vient une nouvelle fois de la violenter. Le film sera alors une course effrénée, de refuge en hôtels, quelques fois hôtel de passe comme refuge, pour tenter de sauver sa peau et celle de son fils : si Fabián les retrouvent, il la tue, c'est sûr.

Le rythme de Refugiado est haletant, il ne nous laisse presque pas le temps de respirer et quelques fois nous plonge réellement dans l'angoisse, comme quand Laura et Matías reviennent dans leur maison pour récupérer à la hâte quelques affaires et que Fabián, le père violent, est en train de monter dans l'ascenseur. Impossible de ne pas être ému par cette femme qui a enfin le courage de quitter son mari qui la violente, et qui fuit, seule avec son fils. Ce n'est pas facile tout le temps, souvent on la verra pleurer ; cependant, elle semble rester résignée. C'est en cela que le film semble s'éloigner des sentiers battus : oui, le femme est seule mais elle ne regrette pas de quitter son mari. Enfin si, à un moment. Et son petit garçon est d'une maturité exceptionnelle pour ses huit ans. Tout m'a profondément touché...

La réalisation est très intéressante, certains plans bien trouvés : au début nous ne voyons que de loin le visage de Laura, tandis que Matías apparaît dans le rétroviseur intérieur de la voiture, après une image floutée qui se floute à nouveau. Il est aisé de percevoir l'important travail de documentation que le réalisateur a pu fournir pour nous offrir ce beau film. Et puis Fabián n'apparaîtra jamais à l'écran, ce qui ne rendra pas notre angoisse moins tenace. J'ai trouvé cela très intéressant : peu importe qui est l'homme, c'est un homme comme tous les hommes qui battent leur femme. Refugiado oscille enfin entre la vision de cet enfant qui semble comprendre sans réellement comprendre ce qui se passe, et la vision des adultes, de cette mère poussée par la peur qui tente de sauver trois vie : celle de Matías, son fils, celle de l'enfant qu'elle porte, et la sienne.

 

Un road-trip émouvant sur un thème de profonde actualité.

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