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Du côté de Clio

La Obra del siglo

12 Mars 2015, 17:00pm

La Obra del siglo

Jouissance

La Obra del siglo, de Carlos Machado Quintela (2015)

(L'oeuvre du siècle)
Avec Mario Balmaseda, Mario Guerra, Leonardo Gascón...
Grand Prix du festival de Rotterdam 2015

La Obra del siglo est un film transgénérique puisqu'il mélange images d'archive et images de fiction. Le sujet peut paraître simple pour les connaisseurs d'Histoire, beaucoup moins pour les autres. En effet, les images historiques, en couleur, racontent la tentative d'implantation de l'énergie nucléaire à Cuba par l'URSS. Les images sont d'époque et proviennent souvent de la Televisión nuclear, chaîne créée pour montrer l'avancée des travaux. La taille de ces images est plus petite que la normale, comme pour montrer l'enfermement de cette situation. Ensuite viennent les images de fiction, ancrées dans le Cuba actuel : trois générations d'hommes (le grand-père, le père et le fils) partagent leur vie dans un petit appartement. Le grand-père est absolument insupportable... Ces images sont filmées dans les blocs d'appartements construits à Juraguá, en face de la centrale nucléaire qui aurait du transporter l'électricité dans une grande partie de l'île. D'ailleurs, cette centrale apparaît souvent en arrière plan, comme un petit point omniprésent. La structure a été abandonnée en 2012.

L'histoire fictionnelle ne semble pas raconter grand chose ; Carlos Machado Quintela pense le temps comme un personnage à part entière, puisqu'à Cuba personne n'est pressé. De plus, on peut penser que la progression presque absente de cette fiction sert justement à critiquer l'échec du pays dans l'implantation de cette énergie nucléaire. J'ai beaucoup aimé ce film avant tout pour ses plans, absolument sublimes, comme celui du fils, couvert de tatouages, dos au paysage. Le clair-obscur est très soigné, tout se joue dans le contraste. L'humour est présent aussi, comme avec ce bloc d'appartements comparé à une fusée prête à décoller. Et de l'absurde : dans une séquence, le poisson mascotte de l'appart semble flotter dans son bocal, le grand-père ne plus respirer, et le chien du voisin est couché au sol. Pourtant, un seul est réellement mort. L'une des scènes finales (celle des trois érections) est cependant un peu trop folle, et ne m'a pas enthousiasmé...

Un film est très soigné et très beau, aux petites touches absurdes et ironiques.

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