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Du côté de Clio

Ixcanul

29 Mars 2015, 21:12pm

Ixcanul

Une modernité révoltante

Ixcanul, de Jayro Bustamante (2015)

(Volcan)
Avec María Mercedes Coroy, María Telón, Manuel Antún...
En compétition fiction de Cinelatino 2015
Prix du public à Cinelatino 2015

Maria a 17 ans, vit avec sa famille dans la montagne du Guatemala, loin de tous. Un mariage avec un jeune homme (plus vieux qu'elle) de la ville l'attend, et elle ne pourra rien y faire. Mais Maria tombe enceinte de Pepe, un jeune de son âge qui veut partir aux Etats-Unis accomplir son rêve. Il devait l'apporter avec lui, mais il l'abandonne.

Ixcanul m'a intrigué : trois passages à Cinelatino, trois salles pleines. Il devait bien y avoir une raison, et à présent je la comprends. Il a gagné l'Ours d’argent lors de la précédente édition de la Berlinale. C'est un film beau, tant par son esthétique que par son sujet. Je n'ai pas souvent vu de film tourné dans une communauté, Cakchiquel ici, où la jeune fille qui tombe enceinte et qui, par conséquent, détruit tous les projets de futur de la famille, n'est pas répudiée, battue, rejetée. La mère de Maria est très douce avec elle, son père certes se demande immédiatement s'ils vont pouvoir rester dans la même maison ou non, mais il n'est jamais violent. La trame est très bien construite, Maria goûte au monde moderne qui lui fait beaucoup plus mal que celui où elle vit, elle qui rêvait de liberté. Le monde moderne, dans ce fil, est vraiment cruel. L'une des premières scènes est assez frappante : du rhum est donné au porc pour qu'il ait envie de s'accoupler avec la femelle. Etrangement, la première fois de Maria fait l'amour avec Pepe, il (presque) ivre mort. Les personnages sont brossés dans la beauté du silence. Les images sont belles, sans grande révolution mais les plans et les couleurs sont magnifiques. Les acteurs / actrices sont très bons aussi. Je n'ai cependant pas bien saisi l'ambüiguité du quiproquo final : qui est en fait le véritable coupable de ce qu'il s'est passé ? Finalement, ce qui m'a le plus intéressé, c'est la politique de défense des femmes indigènes mise en place par le réalisateur : un "féminisme" très intéressant qui réduit les hommes à de mauvais personnages, ce sont ceux qui abandonnent, qui mentent. Excepté le père. Beau.

Un film magnifique à découvrir !

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