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Du côté de Clio

Little crushes

30 Janvier 2015, 09:28am

Little crushes

Un film polonais retrançant le parcours de trois jeunes adultes en mal de vivre

Little crushes, de Aleksandra Gowin, Ireneusz Grzyb (2014)

Avec Helena Sujecka, Agnieszka Pawelkiewicz, Szymon Czacki...
Prix du public au Festival Kinopolsk de Paris

Asia et Kasia sont des filles singulières qui vivent ensemble, et débarrassent ensemble des maisons avant de revendre les objets pour gagner de l'argent. Un jour, Asia rencontre Piotr qui travaille dans une usine où il visse des couvercles sur des boîtes. C'est en quelque sorte le coup de foudre, un coup de foudre bien singulier. Leur vie se croisera, et ils seront à présent trois à faire route ensemble.

Little crushes est un film court (1h18) et pourtant si long.... Très contemplatif. Il nous plonge dans la vie de ces trois jeunes singuliers, qui forme une sorte de triangle amoureux, Asia en étant la pierre angulaire. Pourtant, elle a une phobie : elle craint qu'on ne la touche. Et pourtant, tout le parcours de cette femme avec Piotr sera celui d'un couple typique : rencontre, coup de foudre, temps passé ensemble, sortie en boîte, cuites, nuit dans le même lit, rencontre des parents... Je ne sais pas trop comment me positionner face à ce film ; globalement, j'ai trouvé le temps long, mais j'ai aussi senti qu'il y avait matière à réflexion et à méditation. De nombreux dialogues se veulent philosophiques (notamment sur la création de la femme, si imparfaite, par Dieu, en comparaison avec celle de l'homme), sans parler de la scène d'ouverture, avec un effet de zoom s'estompant tandis qu'un homme nous parle de meurtre et de graisse de chien pour le mal de dos. Une scène magnifique reste celle du "plan à trois", qui consiste en une partouse avant que la mort n'arrive car leur voiture est en panne : un jeu de baisers simulés, où les lèvres ne se touchent jamais, et ne touchent jamais le corps de l'autre. Les personnages m'ont paru assez froids et distants puisqu'ils le sont à eux-mêmes : ils ont en commun une fuite perpétuelle, sans pouvoir se poser dans un endroit, avec une personne, ne disent jamais leurs émotions et portent un masque. Une autre scène émouvante est celle où Kasia revient d'une soirée, où elle a rencontré une fille et a passé la nuit avec elle ;elle marche dans la rue pour rentrer à son appart' au petit matin, en pleurant. A nous de savoir pourquoi. Le spectateur doit se faire sa place dans la sobriété de cette narration, et au final, c'est peut-être cela qui m'a un peu dérangé...

Un film un peu trop long d'une pudeur exceptionnelle.

Little crushes

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