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Du côté de Clio

71'

14 Novembre 2014, 20:52pm

71'

"Vous n'êtes rien pour eux. Un morceau de viande."

'71, de Yann Demange (2014)

Avec Jack O'Connell, Paul Anderson, Barry Keoghan...
En sélection officielle de la Berlinale 2014

Gary Hook, un jeune père de famille, s'engage dans l'armée. Il doit partir pour l'Allemagne, mais son régiment est finalement envoyé en Irlande. L'Irlande, la guerre entre catholiques et protestants. Et Gary, un "Brit", pris au milieu d'un conflit qui le dépasse, se retrouve piégé au milieu d'une fouille qui tourne en émeute, au milieu des catholiques qui veulent sa peau...et il voit des choses qu'il aurait mieux fait de ne pas voir.

Tout d'abord, je dois signaler que j'ai littéralement adoré ce film. Il m'a fait passer un sale moment parce que j'ai beaucoup angoissé. Il peut se résumer à une course pour la vie pour Gary, héros auquel on s'attache très vite parce qu'on le sent tout de suite humain. La scène de la course poursuite entre Gary et deux membres de la milice est juste géniale : très très bien tournée, avec des jeux de caméras somptueux, un rythme parfait, une musique parfaite : le film m'a conquis dès ce moment, je crois bien que c'est l'une des plus belle course-poursuite que j'ai vu ! Il m'a laissé à bout de souffle, et cela a continué par la suite. Je n'ai pas arrêté de sursauter... Par contre, il y a certains moments qu'on aurait pu nous épargner ; il y a beaucoup de sang, beaucoup de violence, et voir un petit garçon soufflé par une explosion dont les bras se résument à une épaule brûlée, bon... Et la blessure recousue à vif aussi. Passons, mais il est tout de même important de signaler que la violence est omniprésente.

Le thème est aussi des plus intéressant. Le film se passe en Irlande, mais il aurait très bien pu se passer dans n'importe quel pays en guerre : ce qui est captivant (et certes déjà traité), c'est le retournement de veste constant des personnes. Les militaires sont tous pourris, tous, les gens qui aident Gary ne sont pas non plus là pour l'aider. L'ambiance participe à un certain malaise constant : il fait nuit, toujours, les rues fourmillent de voitures en feu, de gamins qui se lancent des bouteilles enflammées, de gens qui lancent des pierres, de mafieux sinistres et déterminés. Il fait noir, très noir, le monde entier entourant Gary est noir, sans espoir. La musique est parfaitement trouvée : elle participe au suspense total du film. Et il est parfaitement maîtrisé, franchement, il m'a sidéré. Je suis ressortie de la salle soulagée d'en avoir fini avec tant d'angoisse, mais émerveillée, vraiment. Même si la fin est un peu prévisible, un peu trop, ça m'a tout de même déçue...

Pour un premier long métrage ce réalisateur, je n'ai qu'un mot : BRAVO.

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