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Du côté de Clio

Mommy

19 Octobre 2014, 09:59am

Mommy

"Les sceptiques seront confondus."

Mommy, de Xavier Dolan (2014)

Avec Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon, Susanne Clément
Prix du jury Cannes 2014

Mommy, le film dont tout le monde parle actuellement. Mommy, de Xavier Dolan, ce petit génie exaspérant canadien, d'à peine 25 ans, qui compte déjà 5 films à son actif, où il s'occupe de presque toutes les facettes (cf : Les Amours imaginaires). Mommy, sublime.

Diane est veuve et est appelée par le centre où est placé son fils : il a provoqué un incendie brûlant grièvement un autre pensionnaire ; Diane doit donc le reprendre. Steve, son fils, est atteint de TDAH, c'est-à-dire qu'il est intenable lors de ses crises. Leur quotidien sera loin d'être rose, mais ensemble ils tenteront de vivre, avec l'aide d'une voisine, Kyla, atteinte d'un bégayement handicapant suite à un traumatisme dont on ne saura jamais parfaitement l'origine.

Mommy est un film émouvant, quelques fois drôle, d'autre fois éprouvant. Le duo formé par le fils et la mère est un duo de choc, shooté à la dynamite. Ces personnages, ainsi que la voisine, Kyla, on les voit au plus près de nous, notamment dans ces plans de profil qui ressembleraient à une instantanée prise sur le vif. Ce résultat est le fait du format de l'image, qui m'a quelque peu désorientée de prime abord : un format proche de celui utilisé autrefois pour les films muets, le 1 : 1, qui prend la forme d'un carré parfait. Quelques rares fois l'écran s'élargira, nous donnant une sensation de liberté ; ce sera par exemple quand Diane rêvera d'une vie parfaite pour elle et Steve, ou quand Steve sera heureux sur son longboard. Puis l'écran se refermera, nous enfermant à nouveau dans ce sordide huit-clos. Les acteurs sont époustouflants ; j'avais déjà repéré Antoine-Olivier Pilon dans le clip College Boy d'Indochine, réalisé par le même Xavier Dolan. Ici, il est épatant en ado rongé par la douleur et incapable de contenir ses crises, même envers sa mère. Anne Dorval, la "muse" de Xavier Dolan, est charismatique en mère seule dépassée mais elle aussi survoltée. Quant au scénario, il est parfait, alternant à merveille la joie, l'humour (assez marrant !) et la détresse, souvent liés, d'ailleurs. La fin m'a presque arraché des larmes ; je suis sortie sonnée de la salle de ciné, après m'être prise en pleine face cette détresse marquée profondément par l'amour avant tout. La bande son est aussi là pour maintenir une certaine dynamique et franchement, elle est très bien choisie. J'avais déjà aimé Tom à la ferme, l'avant-dernier film de Xavier Dolan, mais avec Mommy mon admiration pour lui n'a plus aucune limite. 

Un film parfait sur la difficulté de l'amour entre un fils au comportement difficilement contrôlable et une mère dépassée.

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