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Du côté de Clio

Bugarach

5 Octobre 2014, 08:55am

Bugarach

Un ovni entre documentaire et fiction sur le thème de phénomènes surnaturels

Bugarach, de Ventura Durall, Salvador Sunyer, Sergi Cameron (2014)

Sélectionné en panorama documentaire de Cinespaña 2014

Tout le monde à présent connaît Bugarach, ce petit village de l'Aude qui devait survivre à la fin du monde annoncée par les Mayas le 21 décembre 2012. Le docu-fiction (autant fiction que documentaire) suit les habitants dans leur vie plus que les nouveaux venus qui cherchent à être sauvés, sous un fond sonore d'orage permanent. On les voit à la fin, on les devine à cause des nombreux barrages de police déployés sur la route pour pouvoir limiter les badauds et autres fanatiques. Mais le film s'attache aux personnes du petit village, d'à peine 201 âmes, à traves quelques mois, voire même une année. Par exemple, la présidence de Nicolas Sarkozy s'achève pour laisser place à celle de François Hollande.

Ce film est intéressant parce qu'il est entre-deux genres cinématographiques : le documentaire, et la fiction. Ce n'est pas un documentaire comme on a l'habitude de voir, par exemple, où les personnes se posent devant la caméra et parlent pour expliquer des faits. Là, les personnes se meuvent normalement, et sont captées par la caméra. Le film saisi des instants fortuits (comme quand l'historien M. Pouce parle devant la caméra et qu'une femme arrive pour lui demander s'il est du village, assez exaspérée), d'autres sont forcés (Uranie qui va dans un supermarché et récupère des produits de nettoyage). Le film s'attache aussi aux jeunes du village : Slide, un adolescent magicien qui veut se faire connaître, ou encore une bande de jeunes qui aiment les armes (effroi quand la mère lui offre pour la Noël un puissant fusil). Finalement Bugarach, plus que de montrer l'invasion par les curieux du village et de la montagne (certes montrée), et surtout pas le fameux 21 décembre (on ne nous montre presque rien du jour J), s'attache à expliquer le vide spirituel qu'il y a sur terre. Un marginal, que tout le monde rejette, ira même jusqu'à dire :"tout le monde me jette, je dois aller ailleurs ; mais où ailleurs ? Il n'y a pas d'ailleurs sur terre parce qu'il y a la guerre". De plus, il est très bien tourné, pas comme un documentaire, c'est-à-dire qu'il est au plus près des personnages dans une belle esthétique, et la photo est magnifique.

Un film intéressant du point de vue esthétique sur le cas Bugarach.

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