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Du côté de Clio

Animals

5 Octobre 2014, 09:54am

Animals

Un film bourré de symboles sur la difficulté d'un adolescent à devenir adulte

Animals, de Marçal Forés (2012)

Avec Oriol Pla, Augustus Prew, Dimitri Leonidas…
Présenté dans la section "La Dernière séance" de Cinespaña 2014

Pol est un adolescent assez mal dans sa peau, qui est souvent accompagné par un petit ours en peluche, Deerhoof (rien à voir avec Ted !). Il commence à entrer dans l'âge adulte, veut se défaire de son ours, et se trouve dans un brouillard pour le sens qu'il souhaite donner à sa vie ; les amis, les amours, les cours, les relations avec son frère...

Quand j'ai vu la bande annonce, je m'attendais à un film d'épouvante, surtout qu'il était déconseillé aux moins de 16 ans. Petite déception (agréable) : pas de sueurs froides ! Finalement, Animals tire plus vers le fantastique, et aucune scène n'est choquante (ou peut-être que celles où il se scarifie justifient la restriction sur l'âge des spectateurs, mais il n'y a rien d'insoutenable). Ce qui prédomine le plus dans ce film sont les symboles et l'étrangeté... Etrangeté du personnage principal, Pol, un solitaire avec ses doutes et ses peurs, sa souffrance, qu'il tente de partager avec ce petit ours jaune à qui il parle en anglais, qui lui répond en anglais et qui l'aide à s'échapper en jouant de la batterie. Le film est étrange aussi dans son essence même : il mélange ce qui pourrait ressembler à du fantastique (et cherche à nous dérouter) dans le quotidien. Finalement, il faudrait étudier toutes les situations de ce jeune adolescent, qui cohabite avant tout avec lui-même, avec quelques rares camarades de classe, mais aussi avec la mort, pour pleinement saisir le sens de ce film. Peut-être qu'il cherche à exprimer le mal-être d'un adolescent qui se cherche et qui peine à trouver sa place, à grandir. Il n'a pas de famille, seulement un frère policier qu'il déteste, et ne parvient pas à se dévoiler à ses amis.

Les influences pour ce film sont nombreuses, et n'étant pas une habituée des films fantastiques, je l'avoue, cela m'a manqué. A de nombreuses reprises apparaît une référence à “Black Hole” de Charles Burns, une bande-dessinée en noir et blanc, dans laquelle des jeunes portaient aussi un lourd mal-être tout en étant marginalisés. La bande son est extra ; elle fait entendre des groupes "indies", plutôt en marge des grosses productions, comme "Los Claveles". Les paysages sont à la fois vastes et enfermés ; une grande forêt, un vaste étang enclavé entre les montagnes catalanes.... La fin est saisissante, surtout la dernière image qui m'a tout de même fait sourire, malgré le lourd poids qu'elle porte. Un film à voir !

Un chouette film étrange sur la difficulté de l'adolescence, envahie par ses démons.

Petit bonus ! "Los Claveles", de Madrid, Carabanchel.

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