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Du côté de Clio

L'Enjôleuse

17 Septembre 2014, 20:55pm

L'Enjôleuse

Un film de Buñuel dans son cycle mexicain

L'Enjôleuse, de Luis Buñuel (1953)

Avec Pedro Armendáriz, Katy Jurado, Rosita Arenas, Andrés Soler...

J'avais déjà vu, il y a peu, un film de Buñuel, incontestablement mon préféré : Cela s'appelle l'aurore. Ici, les lieux sont différents, puisqu'il a été tourné pendant l'exil du réalisateur au Mexique, tout comme Los Olvidados, d'ailleurs. Personnellement, j'ai trouvé ce dernier bien meilleur que L'Enjôleuse. Ici, l'histoire est simple : un propriétaire veut expulser les locataires de sa maison, mais ceux-ci ne veulent pas partir car ils ne savent pas où aller. Sa femme imbuvable lui conseille alors d'engager quelqu'un pour les éliminer (elle lui explique comment en coupant quatre fleurs qui dépassent de sa jardinière, comme ça, si simple) ; l'homme de main sera "El Bruto", "La Brute". Celui-ci a le poing un peu fort, frappe un locataire malade qui meurt peu après...et là commencent tous les ennuis.

Il faut souligner que le titre espagnol du film est El Bruto, alors que le titre français est L'Enjôleuse ; il y a donc un décalage de protagoniste, puisque le film français privilégie la femme d'Andrés, le propriétaire. Elle possède certes un rôle important dans le film, puisque c'est elle qui manipule les pièces de l'intrigue, en grande séductrice hyper jalouse (cliché de la femme fatale !). Quant à Pedro, la "Brute", il a aussi une grande importance, mais il est idiot : il a la force, certes, mais il ne réfléchit pas, bien qu'il soit tout de même capable de bonté puisqu'il entretient une famille qui le répugne (cliché d'un monstre pourtant humain !) et est partagé entre le désir charnel, et le désir d'amour (cliché !). Il ne fait qu'obéir aux ordres de celui qui l'a aidé depuis qu'il est tout petit.

J'ai moins aimé ce film que les précédents du réalisateur parce que je l'ai trouvé moins profond, et moins intéressant. J'ai tout de même relevé quelques trouvailles qui m'ont fait sourire : par exemple, quand Paloma, la femme d'Andrés, le propriétaire, est chez elle (ou plutôt chez lui), elle mange un raisin, et tout le jus de celui-ci atterrit sur la vitre, en signe de profond mépris. Ou quand le père d'Andrès sort de son lit pour aller chercher les bonbons cachés dans un placard ; j'ai trouvé cette scène plutôt cocasse, et en décalage avec le reste du film. Il a commencé fort, in medias res, avec les cris des locataires et du propriétaire, les enfants qui courent, qui tentent de faire des blagues (comme dans Los Olvidados) mais après il a perdu de sa vigueur. Il nous plante d'emblée dans un contexte mexicain, avec cet accent caractéristique que j'adore, et ces mots de vocabulaire différents. Quant à la fin, elle m'a rappelé Los Olvidados ; notamment l'une des dernières scènes si mes souvenirs sont bons, à mettre en parallèle avec la dernière scène de L'Enjôleuse (je ne vous en dit pas plus !).

Un film qui aurait pu me séduire, mais qui ne m'a pas tout à fait convaincu, notamment à cause de son intrigue trop classique.

Je suis désolée, je n'ai pas trouvé de bande-annonce en VOSTF...

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