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Du côté de Clio

Un hombre cerca

26 Août 2014, 11:49am

Un hombre cerca

Un second recueil de nouvelles de l'auteure mexicaine

Un hombre cerca, de Silvia Molina (1992)

Un hombre cerca est composé de 7 nouvelles, de tailles et de thèmes différents, qui parlent des couples, mais pas que. La dernière raconte la vie d’une jeune enfant dans sa famille, « abandonnée » par sa mère, qui viendra ensuite la récupérer. D’autres, racontées à la première personne par des femmes, nous expliquent leurs choix amoureux de se séparer de leur amant, ou la tristesse éprouvée lors de l'abandon par l’amant. Une, encore, nous explique le désespoir d’une jeune fille à l’école, qui ne parle pas à grand monde et qui se rapproche d'une nouvelle qui cache bien des secrets.

J’ai moins aimé ce recueil que le précédent que j’ai lu, Dicen que me case yo. Certaines nouvelles, comme la dernière, Fantasmas, se faisaient longues… D’autres m’ont cependant agréablement surprise par leur chute, comme Mentira piadosa, qui nous fait voir que les personnes ne sont pas forcément ce qu’elles semblent être, et que derrière une bonne humeur et un large sourire peuvent se cacher quelques profonds traumatismes. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle aussi parce que le suspense m’a tenu en haleine ; on comprend, grâce au jeu temporel des retrouvailles dues au hasard, qu’il s’est passé quelque chose entre ces deux femmes pendant leur enfance, mais on ne comprendra quoi qu’à la fin. J’ai beaucoup aimé Nightmare (La noche de Mara) aussi, qui m’a laissé agréablement sur ma faim ; une femme dîne avec la maîtresse de son mari qui le drague allègrement devant elle, j’ai souri à quelques moments. Hospital m’a semblé intéressante, mais ne m’a convaincue à 100% ; un vieil homme est tombé dans l’escalier et sa fille avec qui il est fâché parce qu'il prenait sa mère pour une bonne vient lui rendre visite. Il faut tout de même souligner que la prose de l'auteure reste ancrée dans l'intime et la simplicité, mais avec quelques belles métaphores et comparaisons, ce que j'ai beaucoup apprécié. Et Silvia Molina, malgré tout, parvient à nous faire réfléchir sur les problèmes de tout le monde comme l’adultère, et à nous montrer la plus profonde intimité des ménages. Les couples de l’auteure ne sont jamais ancré dans un bonheur durable, ils se trouvent plutôt à une étape charnière et difficile pour leur vie ; là est aussi la magie des nouvelles, nous faire percevoir un instant décisif d’une vie, comme un rite de passage à surmonter.

En conclusion : un recueil de nouvelles disparates qui reste très intéressant, même si moins que son précédent.

Extrait de Nightmare (La noche de Mara)

"El matrimonio es una montaña rusa llena de rectas estables o monótonas y de pendientes y subidas emocionantes y peligrosas. Los sentimientos de los que se suben a ella pueden ser variados, diferentes, divertidos u hostiles; también pueden compararse a un estado de ánimo gozoso, estimulante o irracional, contradictorio, que atraviesa momentos plenos o dichosos o desventurados y tristes. Cuando la emoción desaparece, el juego se vuelve desolado, aburrido. Cuando la emoción es intensa, no es necesario cerrar los ojos e imaginar al abrirlos que ha pasado miedo a la caída. Los que han elegido ese juego saben que disfrutarán el peligro, si siguen las reglas con precaución. La infidelidad es una cuesta pronunciada que se toma con los brazos en alto sin el cinturón de seguridad, pero que le da al que se distrae la ocasión de ver la vida, aunque sea un segundo, intensamente. Tal vez, si las pendientes se toman con prudencia, haya manera de salvarse, de no salir volando rumbo al precipicio.” (Edition Cal y arena, 1993, p.37)

"Le couple est une montagne russe remplie de lignes droites stables et monotones et de pentes et de montées palpitantes et dangereuses. Les sentiments de ceux qui y montent peuvent être variés, différents, amusants ou hostiles ; ils peuvent aussi se comparer à un état d'esprit joyeux, stimulant ou irrationnel, contradictoire, que traversent des moments comblés ou heureux ou malheureux et tristes. Quand l'émotion disparaît, le jeu devient désolé, ennuyant. Quand l'émotion est intense, il n'est pas nécessaire de fermer les yeux et de s'imaginer qu'en les ouvrant la peur de la chute aura disparu. Ceux qui ont choisi ce jeu savent qu'ils vont profiter du danger, s'ils suivent les règles avec précaution. L'infidélité est une pente ardue qui se prend avec les bras levés sans la ceinture de sécurité, mais qui donne à celui qui s'amuse l'occasion de voir la vie, ne fusse qu'une seconde, avec intensité. Peut-être, si les pentes sont prises avec prudence, y aurait-il un moyen de se sauver, de ne pas sortir en volant vers l'abîme."

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