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Du côté de Clio

L'Apollonide, souvenirs de la maison close

19 Mai 2014, 20:54pm

L'Apollonide, souvenirs de la maison close

Des derniers jours du XIXe à l'aube du XXe.

L'Apollonide, de Bertrand Bonello (2011)

En sélection officielle du Festival de Cannes en 2011.

Avec Jasmine Trinca, Adèle Haenel, Noémie Lvovsky....

Le décor est planté dès les premières images : un couloir sombre, caméra fixe, une femme s'avance, avec ses jupons et son corset. Disparaît dans un autre couloir. La cloche sonne, le jour commence dans ce lieu clos alors que la nuit tombe partout ailleurs ; les clients arrivent.

Des femmes qui s'entraident, l'apparente stabilité du temps qui finit par s'écrouler. Bertrand Bonello dresse un portrait de femmes enfermées dans leur maison close, soumises au changement du siècle. L'ambiance est tendue, quelques fois festive, la photo magnifique. Il ne faut pas se leurrer, on se trouve dans un bordel ; oui, mais il est toujours montré avec beaucoup de glamour, les scènes de sexe deviennent sexy et le portrait parfaitement dépeint. Sans jamais prendre parti, Bonello retrace la vie d'un bordel qui s'étiole lors du changement de siècle, en y décrivant les difficultés, mais aussi les joies, et surtout la solidarité aussi bien que, quelques fois, la cruauté. Le monde extérieur est très peu évoqué ; mais les autorités se détachent de la maison, les chercheurs sont persuadés d'avoir trouvé la physionomie parfaite des criminels, et par extension des prostituées. De l'extérieur arrivent aussi de nouvelles recrues, et la syphilis.

Le film se dilate dans le temps, et finit en une chute saisissante et de profonde actualité sur les problèmes de la prostitution à l'heure actuelle. J'ai trouvé ce film beau et parfaitement réussi ; une belle découverte inattendue.

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